Michel Arnauld

Élements biographiques

Michel Arnauld,  La Revue blanche

“ La grandeur tragique n’éclot que dans l’état dyonisien, quand l’être s’abandonne, redevient instinctif et danse, comme un enfant, sur sa propre vertu. Mais à quel moment la contrainte sera-t-elle assez intense, assez enracinée, pour que l’abandon ne soit plus faiblesse ? Ce moment viendra-t-il jamais ? Et l’abandon même est-il désirable ? La pleine puissance de la force, sa plus haute valeur tragique ne se trouverait-elle pas dans la contrainte même ? — Voilà le problème, l’important problème qui nous est laissé. Le conflit entre la nature et la culture, demeure chez Nietzsche irrésolu. ”
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Michel Arnauld,  La Nouvelle Revue Française

“ Le monde où se meut Philippe n’est pas un monde à la Balzac, où des êtres de toute classe gardent, malgré leur dissemblance, un même air de réalité. Lui voit les pauvres du dedans ; les riches, seulement du dehors. Fantastiques comme des monstres de la Fable, ils n’apparaissent pas mêlés à l’action, mais planent au-dessus d’elle, y laissant parfois tomber, comme un roc, le poids écrasant de leur volonté. Un étudiant muni d’argent de poche, un médecin de campagne nanti d’un héritage, prennent, dans l’énormité de leur inconscient égoïsme, les proportions d’un Gargantua. ”
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Michel Arnauld,  La Revue blanche

“ Oui, le Devenir est innocent ; il n’y a pas de fins en soi, l’individu n’a pas de but prescrit. Mais par cela seul qu’il existe comme tendance, comme résultante de tendances, son action suit une direction déterminée, et par là crée l’image d’un but ; sa constitution, ses instincts opèrent une distribution des valeurs. De là naîtra l’illusion, s’il exige que l’univers ratifie ses notions de bien et de mal. Mais de là naîtra la beauté tragique, s’il se veut tel qu’il est, dans l’univers tel qu’il est, s’il veut à la fois sa vie, et ce qui détruit sa vie ”
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