Résumé

Michel Arnauld La Nouvelle Revue Française

Le monde où se meut Philippe n’est pas un monde à la Balzac, où des êtres de toute classe gardent, malgré leur dissemblance, un même air de réalité. Lui voit les pauvres du dedans ; les riches, seulement du dehors. Fantastiques comme des monstres de la Fable, ils n’apparaissent pas mêlés à l’action, mais planent au-dessus d’elle, y laissant parfois tomber, comme un roc, le poids écrasant de leur volonté. Un étudiant muni d’argent de poche, un médecin de campagne nanti d’un héritage, prennent, dans l’énormité de leur inconscient égoïsme, les proportions d’un Gargantua.
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Michel Arnauld La Nouvelle Revue Française

Sans travail comme son parrain, lui, l’ingénieur de naguère, il rêve, il s’avachit, il flâne ; il quitte les siens dans un coup de colère, et se réfugie chez les Perdrix. Bientôt la vieille meurt, et Jean, muni d’un petit emploi, emmène le vieux à Paris. Voilà bien la seule force qui soit selon le cœur de Philippe : celle qui n’estime trop lourde aucune œuvre de bonté. À cette force une autre répond dans la tête grise du père Perdrix ; il va vers la mort si discrètement que Jean Bousset seul comprendra : les pauvres seuls devinent l’héroïsme des pauvres.
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Michel Arnauld La Nouvelle Revue Française

Paul Adam n’a pas moins d’invention que Balzac ; il en a bien davantage : soyez sûr qu’il trouve en passant plus de choses auxquelles il ne s’attendait pas ; il ne sera jamais à court de détails particuliers, intéressants, interchangeables. Si, dans la Vague Rouge, vingt ouvriers discutent, si huit déserteurs s’enfuient en Belgique, je me fie à l’imagination de Rosny pour marquer chacun d’un trait qui le distingue. Tel aura ses gestes lents de tamanoir, tel sa laine noire et qui sent le suint, un troisième, un herpès sur son nez en toupie.
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