Résumé

L. Étienne Les Poètes des Pauvres en Angleterre…

Mais qu’on ne s’y trompe pas, si la poésie est un don, elle est aussi un art et un travail. Il n’est pas plus possible à une intelligence inculte de s’improviser poète qu’il ne l’est à un enfant d’imiter la virilité. Elliott commença par la reproduction pure et simple de ce qu’il voyait. Tels sont, plus ou moins, tous les poètes sortis de sa condition ; ils ne voient ni loin ni de haut. Ils sentent peut-être plus vivement, mais ils ne sentent que la réalité. Elliott ne savait pas idéaliser, il voyait la nature par les yeux du corps, jamais par ceux de l’imagination.
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L. Étienne Les Poètes des Pauvres en Angleterre…

L’ambitieuse et entreprenante Pauvreté a gagné le dieu des vers ; ce n’est point par surprise, et les fumées du nectar n’y sont pour rien : le dieu de la poésie moderne aime les réalités, il ne dédaigne pas plus les haillons que les vêtemens de soie et d’or.
C’est surtout en Angleterre qu’il y a une poésie des pauvres. La France aime trop l’idéal en littérature pour que le réel lui plaise dans sa nudité ; nous ne lisons guère des vers que pour fuir la vie humaine telle qu’elle est, et il faut, pour qu’elle nous sourie, qu’elle s’arrange comme nous voudrions qu’elle fût.
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L. Étienne Les Poètes des Pauvres en Angleterre…

Dans cette foule confuse, on aperçoit des familles où les enfans sont soucieux et tristes, comme s’ils n’avaient jamais souri ; on distingue la couturière maigre, pâle et fatiguée, couverte à peine, le tisserand, son livide voisin, l’ouvrier noir et renfrogné, tous les êtres de tous les âges, — hommes, femmes, enfans, — qui vivent et meurent par le travail. Cette foule redoutable marche, marche toujours. On dirait qu’abandonnant navette, aiguille, roue, fournaise, meule, fuseau, dévidoir, fer, acier, le repos même et la chétive pitance, elle se hâte et se pousse vers un but que nul ne voit.
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