Louis de Carné,
De la misère païenne et la misère chrétienne
“ Dans les sociétés antiques, la grande majorité des êtres vivans était comme retranchée de la condition humaine. Étrangère à tous les rites de la religion, à tous les droits de la cité, de la propriété et de la famille, chargée du double poids de tous les travaux et de tous les opprobres, ne pouvant d’ordinaire s’élever jusqu’à la liberté qu’au prix des services les plus infâmes, cette masse d’hommes sans Dieu, sans ame et sans patrie, avait ouvert au sein de la société romaine un gouffre de corruption, de dépopulation et de misère dans lequel celle-ci ne pouvait manquer de s’engloutir. ”
