Docteur Cabanès

Résumé

Docteur Cabanès La Revue hebdomadaire

Sachez bien que les relations de mon père avec George Sand ont été un épisode dans sa vie, et rien de plus. George Sand, fatiguée des étrangetés d’Alfred de Musset, s’était donnée sans réserve à mon père, qui était jeune, aux larges épaules, intelligent, un vrai beau, brave et bon garçon. Mon père aimait la jolie étrangère pour son génie, sa bonté, et, sans en être aux nuages, il en était fort épris. Mais tout cela fut vite oublié. Une fois rentré en Italie, mon père reprit aussitôt ses occupations professionnelles. Il n’eut pas de mal à vite reconquérir sa clientèle.
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J’étais adolescent, nous dit à son tour, intervenant dans la conversation, M. le docteur Pagello fils, lorsque les journaux firent connaitre la mort de la Sand. Je me souviens très bien que mon père accomplit, comme à son ordinaire, les devoirs de sa profession et qu’il accueillit la nouvelle avec la plus complète indifférence. Il parla en famille de cette femme comme s’il l’eût à peine connue : un demi-siècle s’était écoulé sans une lettre, sans un salut.
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« George Sand buvait beaucoup de thé pour s’exciter, au travail... »
Ce disant, le vieillard se penche vers une armoire vitrée, à laquelle son fauteuil se trouve adossé, en retire une tasse à larges bords, de contours élégants, munie de sa soucoupe, d’une profondeur inusitée. Cette tasse présente cette particularité qu’elle semble être d’étain fin, alors qu’au toucher il est aisé de reconnaître que la matière qui la constitue est une poterie vernissée, une de ces terres à reflets stannifères comme on en fabrique, nous a-t-on assuré depuis, dans les environs de Venise.
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