Gabriel Sarrazin

L'inspirée (1910)

Résumé

Gabriel Sarrazin,  L'inspirée (1910)

“ Julie se leva à son tour, et, lui prenant les mains, la regarda longuement de ses tendres yeux de sœur.
— « Il n'y avait pas en effet d'autre issue, ma pauvre chère, » dit-elle. « Ta décision, je l'avais pressentie. Bien qu'irrévocablement prise, elle t'a
coûté, et tu en souffres encore, je le vois... Console-toi, car, — tu l'as dit toi-même, — il sera consolé ! »
— « Mais l'autre, celui qui s'en est allé pour toujours... », reprit Edith, qui se mit à fondre en larmes. « Ne va-t-il pas se voiler la face, là-haut? Se peut-il faute plus grave que d'être infidèle à la mort? »
”
Source : Gallica

Gabriel Sarrazin,  L'inspirée (1910)

“ Ma résolution est irrévocable, Edith. Si je meurs, gardez ma mémoire. C'est à vous que je la confie. Dites à la postérité que Sainte-Rose n'avait pas l'âme d'un rhéteur. Dites-le dans le
langage immortel des poètes. Dites aussi que, ma religion de la Beauté, je l'avais voulue pour en fleurir mon pays, pour rendre notre patrie délicieuse et charmante entre toutes. Je me suis trompé, d'ailleurs, j'ai fait fausse route. Noval avait raison... Quelle chimère que la mienne, quel rêve artificiel et mortel, digne d'un fumeur d'opium : créer un peuple d'artistes ! Et quel réveil, après le rêve !
”
Source : Gallica

Gabriel Sarrazin,  L'inspirée (1910)

“ Ton amour absorba ta vie ! Tes rêves d'immortalité, de grandeur antique, de liberté romaine, vinrent s'y perdre
comme en un fleuve : et, au cours de ta vie errante, d'Avignon à Prague, et de Rome à Paris, partout, dans la forêt des Ardennes aussi bien qu'à Vaucluse, partout, jusqu'à tes derniers jours d'Arqua, tu revoyais ce matin d'avril où, dans l'église Sainte-Claire, elle t'apparut comme l'image même des cieux, comme le reflet de l'éternel !
Moi aussi, j'ai descendu le fleuve de l'amour, ô Pétrarque ! Moi aussi, le rêve de l'amour m'a pris tout entier, pendant des années et des années...
”
Source : Gallica

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