“ Au jardin, où le plus souvent sœur Sainte-Rose se tenait avec les enfants, le soleil jetait sur les pampres rougis de splendides lueurs ; les feuillages inclinés, qu’on eût dit pensifs avaient une grâce infinie ; les chants des oiseaux ravissaient l’oreille, et le parfum âpre et mélancolique des chrysanthèmes se mêlait à la suave odeur des roses quarantaines, qui fleurissaient pour la dernière fois. Sur les lèvres de la religieuse, adorant dans cette belle nature la gloire de Dieu, le sourire s’unissait à la prière. ”
Sainte-Rose
Définition et enjeux
Citations sur “Sainte-Rose”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Cependant, j'ai lu avec intérêt l'histoire de Sainte Rose. Ces vies des Saints ont un côté merveilleux et naïf qui plaît à l'imagination. On se demande si ces hommes simples, si ces jeunes vierges, si ces courageux martyrs ont appartenu à notre pauvre et débile humanité. Sainte Rose est la plus belle fleur de l'Amérique, et j'ai trouvé plaisir à respirer le parfum pieux qui s'exhale à chaque page de cette Vie miraculeuse. ”
“ Il est nuit ; sœur Sainte-Rose a éteint sa lumière, comme le veut le règlement, et elle s’est couchée : mais le tourment qui l’agite ne peut lui permettre aucun repos, ni même l’immobilité. Elle se lève : elle marche dans les ténèbres ; elle se prosterne et prie, avec larmes et sanglots. Si elle osait, elle irait au jardin respirer un peu. Ces murailles l’étouffent, — Encore ces désirs coupables d’espace et de liberté ? Oh ! non, non ! Elle vivrait paisible et joyeuse dans cette cellule, si les enfants lui étaient laissés. ”
Henri Julien Grimoüard de Saint Laurent, Bouquets de fleurs de la vie des saints… (1861)
“ Sainte Rose fut la première des fleurs de sainteté, éclose au soleil du nouveau monde, qui mérita d'être solennellement honorée sur les autels après une mort si sainte que même sur la terre elle ne put exciter d'autre sentiment que la joie la plus douce. ”
“ Un jour, elle était là, assise sur l’herbe, et ourlant du linge, avec le petit sur ses genoux, tandis que Joséphine, en babillant, tournait autour d’eux ; — sœur Sainte-Rose parlait à Petit Jean d’une voix douce, et lui répétait les mots tendres qu’on chante aux enfants comme une musique ; — tout-à-coup, leurs yeux se rencontrèrent ; une lueur, éveil de la vie du cœur, brilla dans ceux de l’enfant ; il jeta ses bras autour du cou de sœur Sainte-Rose, et appuya sur sa joue deux petites lèvres, qui balbutiaient leur premier baiser. ”
Gabriel Sarrazin, L'inspirée (1910)
“ Elle aimait Sainte-Rose et Sainte-Rose l'aimait ! Oui, c'était ainsi : à quoi bon se le dissimuler plus longtemps ? En d'autres circonstances, et passé le premier moment de stupeur, elle se fût réjouie de cet amour qui allait illuminer son existence, épanouir son âme. Etre aimée d'un aussi grand homme ! Avoir conquis celui qu'on disait dédaigneux des aventures du cœur, et vers lequel avaient volé tant de papillons féminins, désireux de se brûler les ailes à cette lumière indifférente ! Savoir qu'il ne vivrait plus que pour elle ! ”
“ Les passions puériles, qu’on méprise et raille chez ceux que leur maigre destinée a privés de passions plus hautes, sont germes de même espèce, auxquels le sol a manqué. Chez sœur Sainte-Rose, l’éducation compressive du couvent avait refoulé tout au fond, dans le secret de son âme, les facultés aimantes, d’autant plus timides qu’elles étaient plus tendres, — et si discrètes, que sœur Rose quelquefois n’eût su dire elle-même pourquoi le cœur lui battait si fort. Il en était ainsi ce jour-là, tandis qu’elle portait le petit enfant dans sa cellule. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Rose, sa fille chérie, au milieu des douceurs ineffdbles de sa grâce, et de cette sainte ivresse à qui seule il appartient de remplir les cœurs sans jamais les rassasier, Rose, ardente pour les souffrances, et craignant toujours d'accorder la moindre douceur à son misérable corps, le sacrifiait sans cesse à l'amour dont elle était consumée pour son divin Maître. ”
“ Elle avait fait bien du chemin, sœur Sainte-Rose, depuis le jour où elle demandait en pleurant à la Sainte Vierge la permission d’aimer de pauvres enfants ! Ses idées avaient en effet beaucoup changé ; mais elle n’en était pas moins restée pieuse, car la piété, religion du cœur, est d’ordre humain, comme toutes choses de notre monde. Plus éclairée maintenant, plus intelligente, elle n’en savait que mieux aimer, et l’ordre humain aussi a ses choses sacrées. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ L'humilité de Rose était si grande, qu'elle excitait l'admiration de tous ceux qui l'approchaient. Intimement persuadée qu'elle était la plus indigne de toutes les créatures, elle se plaisait dans les offices les plus bas et les plus repoussants. Cette âme si avancée dans les voies du Seigneur,.et pour ainsi dire plus au ciel que sur la terre, cherchait tous les moyens de s'anéantir elle-même, afin de se rendre plus digne de celui qui possédait pour toujours son cœur. ”
“ La providence de Dieu n’agit point elle-même ; elle choisit dans l’humanité ses instruments, et si c’était sœur Sainte-Rose — cette pensée la fit tressaillir, — si c’était elle, que Dieu eût choisie pour sauver ces deux enfants... ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ L'union si remarquable de Rose avec son Créateur et la ferveur qui remplissait son âme étaient comme un parfum dont la suavité s'exhalait autour d'elle, et les objets privés de sentiment, les arbres, les fleurs, toute la nature enfin, voulait à son exemple s'incliner devant le Dieu digne de toute louange. Dès la pointe du jour, et alors que prenant le chemin de sa cellule, notre sainte arrivait à la porte du jardin, elle faisait appel à la nature entière, et l'invitait en ces termes à rendre gloire à Dieu : « Que tout « ce qui est créé glorifie le Seigneur. » ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ C'est, continua Rose, la douceur d'une joie solide, qui surpasse toute joie imaginable : le lien de la filiation divine; le renouvellement du vieil homme dans l'essence même de l'âme; le cœur satisfait et rempli ; la vie, le bonheur dans toutes les affections; vie ferme, sainte, bienheureuse, et ineffable en tout point. ”
Hippolyte de Villeneuve-Flayosc, Histoire de sainte Roseline de Villeneuve… (1867)
“ Le miracle des roses, auquel on donne une place exceptionnelle, s'est répété chez plus de six autres saints, entre autres chez sainte Élisabeth de Hongrie, sainte Elisabeth de Portugal, sainte Rose de Viterbe, sainte Rose de Lima, saint Pierre de Luxembourg et saint Didace, etc.; c'est toujours le larcin inspiré par la charité, surpris en flagrant délit, et justifié par une prodigieuse exhibition de roses. C'est toujours la même merveille dont Dieu se sert pour frapper les regards accoutumés à trouver dans les roses les charmants emblèmes des grâces de la charité. ”
Gabriel Sarrazin, L'inspirée (1910)
“ Elle avait été fondée par le grand esthète dont l'influence était prépondérante dans les conseils du royaume : Sainte-Rose, favori du prince, avait décidé que, dans cette admirable demeure, on enseignerait aux femmes la religion de la Beauté. Et elles accouraient en foule, désireuses d'apprendre à communier avec le monde et la vie sous les espèces de cette Beauté, qui nous montre la face aérienne et lumineuse de Dieu, qui est le signe étincelant de son alliance avec nous, l'arc-en-ciel posé sans cesse au bord de notre globe. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ La vue d'un ciel pur et étoilé lui semblait l'une des choses les plus propres à élever le cœur de la créature vers son Créateur. Les personnes qui pouvaient juger de la ferveur admirable de Rose pendant la célébration des sacrés mystères lui témoignaient un jour leur étonnement de ce que, depuis qu'elle possédait son oratoire, elle se rendait moins souvent à l'église, et elles lui demandèrent comment son cœur si fervent se résignait à ne point assister chaque jour au saint sacrifice de la messe. ”
Antoinette Grandsard, La Fleur de la montagne,... par Mme A. Grandsard… (1847)
“ Si une goutte de rosée vient se poser sur la corolle d'une fleur, le sein de cette fleur s'élargit, ses teintes deviennent plus fraîches, son parfum plus exquis, sa beauté plus suave. Ainsi s'est élargie l'âme sainte de Marie, sous l'influence divine de l'amour de Dieu dans l'Eucharistie; ainsi les teintes de cette charmante rose sont devenues plus fraîches, son parfum plus exquis, sa beauté plus suave. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Rose est née dans cette contrée fertile, et ceux qui l'habitent, poussés par la profonde admiration qu'elle leur inspire, sont entraînés à la confondre avec les saints que leur patrie honore. Sa vie si courte fut grande aux yeux de Dieu par les nombreuses vertus qui l'embellirent à l'envi, et sa mort devint une source de consolation pour les affligés, qui avec confiance demandèrent son secours. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Un jour qu'elle était en contemplation dans son oratoire champêtre, elle vit naître autour d'elle une prodigieuse quantité de fleurs. Tandis qu'elle contemplait cet étonnant prodige, la très-sainte Vierge lui apparut tenant dans ses bras l'enfant Jésus qui lui ordonna de cueillir ces fleurs. Rose les lui ayant offertes, le divin Sauveur en prit une et lui dit : « Rose, tu es cette fleur, j'en aurai soin. Dispose des autres selon ton désir. » ”
Gabriel Sarrazin, L'inspirée (1910)
“ Dans les sphères que Sainte-Rose a maintenant atteintes, nos tourments lui sont inconnus. Il n'est plus de chair, comme nous. Il s'est détaché de nos passions humaines, il est guéri du mal de vivre. Il est avec Platon, dans les ChampsÉlysées. Il n'a plus besoin de toi, qui n'es qu'une faible femme demeurée sur la terre, et incapable, comme nous toutes, de continuer la route sans l'aide de l'autre sexe... Crois-tu que Sainte-Rose ne sût pas cette vérité, qui touche au fond même de notre nature ? ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ La libéralité de Rose envers lui fut comme un baume salutaire qui se répandit dans tout son être, et plein de confiance dans les mérites de notre sainte, il reçut avec bonheur les derniers sacrements et s'endormit paisiblement dans le Seigneur. ”
“ On dit que les morts peuvent bien des choses ; je prierai pour vous ; je vous ferai avoir toutes sortes de biens. Quelle plus grande charité que de faire de ces pauvres enfants des honnêtes gens, au lieu de misérables !... Promettez-moi donc cela, sœur Sainte-Rose ”
Hippolyte de Villeneuve-Flayosc, Histoire de sainte Roseline de Villeneuve… (1867)
“ La charité est la vertu caractéristique de notre sainte étudiée dans sa vie extérieure, et la manifestation la plus éclatante, la plus populaire de cette vertu est dans le miracle des roses. La peinture, la sculpture et la gravure la plus ancienne de la sainte la représentent constamment ouvrant un tablier plein de roses : c'est aussi la légende principale consacrée par les vieux cantiques ; avant sa naissance, sa mère voyait apparaître sa fille comme une rose sans épine; à sa mort, c'est encore le parfum de la rose qui trahit la vertu de sa relique. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Humblement prosternée aux pieds de la Sainte Vierge, et baignée de larmes, elle lui ouvrit douloureusement son cœur. Levant alors les yeux vers cette consolatrice des affligés, il lui sembla qu'elle la regardait avec bonté, et ses cruelles alarmes firent place à la joie la plus pure. Rose s'adressant à la Reine du ciel, lui dit : « C'est « peu qu'une main humaine m'ait refusé une palme « fragile. Si j'ai votre suffrage, ô Vierge sainte, mon « bonheur est ineffable, et je n'ai plus rien à désirer « sur la terre. » ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Dès sa plus tendre enfance, Rose imita sa maîtresse séraphique dans son amour pour la retraite; les jeux de son âge n'avaient aucun charme pour elle ; et lorsque de jeunes enfants lui offraient de prendre part aux leurs, notre sainte trouvait bientôt un prétexte pour les quitter, et se retirait à l'écart, afin de jouir du calme et du silence qui seuls savaient plaire à son cœur. ”
“ On laissa donc l’enfant à sœur Sainte-Rose, qui lui bâtit dans sa cellule un petit lit, tandis qu’une autre religieuse fut chargée de loger la petite fille. C’est une erreur commune de croire que l’intensité de la vie dans l’être est en raison du nombre et de l’importance des événements dont l’existence de cet être se compose. Il est des gens que les circonstances les plus émouvantes laissent presque insensibles ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Lorsque je fixe mes regards sur ce tableau, la force qui se répand dans toute mon âme ne peut être justement comparée qu'à celle que produit en moi la sainte communion. Comment se peut-il qu'il y ait si peu de vrais chrétiens, qui rendent amour pour amour à ce Dieu si bon?. quelle douleur de le voir si peu connu et si peu aimé. Que ne dépend-il de moi de le faire aimer de l'univers entier. Comment mon cœur est-il si froid, après toutes les grâces dont j'ai été si abondamment favorisée. C'est ainsi que Rose exprimait son amour pour le divin Maître. ”
“ Et enfin, sœur Sainte-Rose, quand il ne reviendrait pas, quand il serait mort. lui-même, il ne faut pas que nos enfants soient mis aux Enfants-Trouvés. Sœur Sainte-Rose, entendez-vous, il ne le faut pas ! Moi, leur mère mourante, je n’y consens pas, ce serait un crime ; car tout mon malheur est d’être sortie de là, voyez-vous. D’abord, Jean, qui n’est pas fort, le pauvre petit, y mourrait de misère et de dureté ; Joséphine, plus tard, serait méprisée et malheureuse comme je l’ai été moi-même. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Son visage exprimait plutôt la force et le triomphe que l'accablement des derniers moments de la vie; l'âme de notre sainte jouissait de la plus parfaite sécurité sur le bonheur éternel qui lui était réservé, et sa joie était d'autant plus vive, qu'elle avait l'intime conviction que cette félicité inappréciable ne devait pas être retardée par les cruelles épreuves du purgatoire. Semblable au cygne dont le chant présage la mort, Rose faisait avec allégresse sa profession de foi. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Elle avoua que tandis qu'elle implorait sa sainte maîtresse, son cœur fut inondé des suavités les plus extraordinaires qui se répandirent dans toute sa personne. Un effet si merveilleux n'a rien de surprenant quand Rose en est l'objet, elle qui était si semblable d'esprit et de cœur à sainte Catherine de Sienne, son guide et son modèle. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Dans la célèbre vision de l'arc-en-ciel dont il a été parlé au chapitre XVIIe, le divin Sauveur avait révélé à Rose, en présence des anges, la longue et cruelle série des dernières douleurs qui devaient la préparer à la bienheureuse immortalité. Elle connaissait d'avance toutes les souffrances qui lui étaient réservées, elle savait qu'elles seraient si horribles qu'on ne pourrait les comparer à aucune de celles qui l'avaient affligée pendant sa vie, et que chaque membre de son corps délicat serait soumis à un genre particulier de souffrance. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Si celui qui s'attache au Seigneur devient en quelque sorte un même esprit avec lui, on peut apprécier justement le degré de perfection qu'atteignit Rose sous ce rapport. Dès ses plus jeunes années, elle fut favorisée des grâces les plus spéciales par l'Esprit-Saint. La ferveur de son cœur était telle, que souvent pendant son sommeil on l'entendait réciter les petites prières qu'elle savait. ”
Louis-François Guérin, Sainte Germaine Cousin, sa vie… (1867)
“ Dès ce moment, Rose, plus heureuse que notre Germaine, n'éprouve plus de contrariétés pour exercer sa charité. Et c'est par de telles merveilles, par ces gracieuses prévenances que Notre Seigneur fit voir, en quantité d'occasions, combien cette vertu lui était agréable. Bien souvent aussi des fleurs,. c'est-à-dire tout ce qu'il y a de plus beau, de plus ravissant dans la nature, ont été employées par la Bonté divine pour manifester la pureté, la droiture d'intention, l'humilité de ses Élus. ”
Léonard Hansen, Vie de sainte Rose de Lima, vierge… (1866)
“ Par cet ingénieux stratagème, Rose se soumettait à l'autorité maternelle, et marchait couronnée d'épines à la suite de son divin époux. Cette action courageuse n'eût jamais été connue, si un jour la guirlande où était demeurée l'aiguille ne fût tombée dans les mains d'une personne qui dévoila et le secret et la souffrance de Rose. ”
