André Léo

André Léo

Résumé

Portrait de André Léo André Léo Sœur Sainte-Rose

La vieille, une incarnation d’aigre-doux en chair et en os, replète, un peu lourde, aux traits jadis agréables, beaux peut-être ; mais qui empâtés d’inertie morale et intellectuelle, n’exprimaient qu’une pieuse maussaderie.
Sa compagne, mince, élancée, un peu maigre, avait cette blancheur trop diaphane, qu’on rencontre fréquemment sous ces coiffes jalouses de l’air, du soleil, et, secrètement, de la vie même. Les joues de la jeune sœur n’avaient pas cependant perdu toute couleur ; c’était un coloris de rose du Bengale, faible et doux.
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Portrait de André Léo André Léo Sœur Sainte-Rose

Leur beau jour, c’était le dimanche, parce qu’ils allaient ensemble à la campagne, dans les bois, se promener, causer, jouer en toute liberté. Le papa et la maman, naturellement, suivaient les enfants, qui, selon l’usage des enfants, des papillons et des oiseaux, couraient en zigzag, de tous côtés, au caprice ou à l’aventure. M. et Mme Vallon, gens plus posés, restaient dans l’allée ou dans le chemin, laissant Julien et Céline se disputer la surveillance des bambins et se suivre pas à pas.
— Sais-tu que nous avons l’air de patronner des amoureux ? disait M. Vallon à sa femme.
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Portrait de André Léo André Léo Sœur Sainte-Rose

On les rend malheureux, on me les tuera ! Ces gens n’aiment pas les enfants, ils ne savent pas...
Elle se jeta aux pieds de la supérieure en versant un torrent de larmes, et, joignant des mains suppliantes, que crispait son trouble et sa douleur :
— Sainte-Mère, vous le voyez, je ne puis pas être raisonnable ! Mais Dieu pourtant n’a pas maudit les enfants ! Jésus les aimait ! C’est au cœur des femmes qu’il a confié le soin de ces petits êtres... innocents... et qui ne méritent pas de souffrir !
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