Laure Junot d’Abrantès,
Une rose au désert
“ Raymond, lui écrivit-elle, pardonnez-moi, pardonnez à votre sœur de vous avoir fait un secret de la détermination qu’elle a prise. Je m’éloigne de vous, mon ami, et je m’en éloigne peut-être pour toujours !... Je suis malheureuse, Raymond !... vous n’avez pu le voir du sein du bonheur dont vous jouissez, vous n’avez pas vu le malheur qui frappe aujourd’hui votre amie !... et, telle est la nature de ce malheur, mon frère, que nul sur la terre ne peut plus rien pour moi ! Rien !... Comprenez-vous l’immensité de douleur qui est renfermée dans cette seule parole ?... Adieu... je m’éloigne... ”
