Résumé

Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Le Vœu de Louis XIII. — MM. Ingres et Calamatta

Vainement objecterait-on que l’auteur de la Transfiguration et de l’École d’Athènes aurait été détourné de Murillo et de Rubens par l’amour de l’harmonie linéaire ; cet argument n’a de valeur que pour ceux qui ne vont pas au fond de l’histoire. L’homme le plus richement doué, le plus persévérant, ne peut embrasser d’un regard toutes les parties de l’art qu’il a choisi. Après Orcagna, Masaccio et le Pérugin, Raphaël devait tenter, devait poursuivre l’harmonie linéaire. Après l’école romaine, Venise et Madrid devaient chercher la couleur en vue de la couleur elle-même.
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Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Le Vœu de Louis XIII. — MM. Ingres et Calamatta

Il éteint la couleur qui signifie la force et la santé, il arrondit les plans musculaires qui expliquent et produisent le mouvement, il efface les plis des paupières ; mais cette perpétuelle simplification des lignes de la figure humaine, loin d’accuser l’ignorance ou l’impéritie de l’artiste, signifie seulement qu’il a rêvé, qu’il réalise une forme plus pure, plus élevée que la forme humaine ; il abrège parce qu’il sait, il simplifie parce qu’il généralise. Aussi toutes les madones de Raphaël parlent à l’ame, au lieu de réjouir les yeux.
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Puisqu’il a su voir dans la Sixtine un enseignement, puisqu’il n’a pas dédaigné de recevoir une leçon du seul homme qui pût lutter avec lui, puisqu’il ne s’est pas enfermé dans la gloire qu’il avait conquise comme dans un cercle sacré, ne devons-nous pas croire qu’il aurait étudié les écoles de Venise, de Madrid et d’Anvers, comme il a étudié le peintre florentin ?
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