Résumé

Hyacinthe Rouxel Les premiers colons de Montréal

Non, Messieurs, une colonie d’apôtres n’est pas chose impossible. Eh quoi ! Dieu ne peut-il pas réunir ensemble par les secrets ressorts de sa providence un nombre suffisant d’hommes apostoliques pour en faire une colonie ? et, s’il le faut, ne peut-il pas en créer tout exprès ? Sans doute, il le peut ; mais l’a-t-il fait ? Dans tout le cours des siècles, nous en trouvons un exemple, un seul ;... et cette colonie modèle, que l’on regarderait comme un beau rêve, si elle n’existait pas ; cette colonie, fidèle expression de l’idéal que nous nous sommes tracé, faut-il vous la nommer ?
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Hyacinthe Rouxel Les premiers colons de Montréal

Oui, Messieurs, je ne crains pas de l’avancer, Homère et Virgile se seraient estimés heureux d’avoir à chanter la naissance et le berceau de Ville-Marie. Mais un pareil sujet, ils n’en avaient aucune trace dans l’histoire : ils ne pouvaient l’inventer ni même le soupçonner. Le génie de l’homme ne suffit pas pour cela ; la vraie religion de Jésus-Christ, le catholicisme seul, pouvait, je ne dis pas seulement exécuter, mais encore imaginer une colonie, dont chaque citoyen fût un apôtre, un martyr, et un héros !
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Hyacinthe Rouxel Les premiers colons de Montréal

Concevons une troupe d’hommes d’élite, qui, s’oubliant eux-mêmes, sacrifient la vie douce et paisible que la patrie leur promet, pour aller vivre sur une plage barbare, travailler à la conversion des peuples sauvages, et périr sous leurs coups. En un mot, pour avoir le type le plus élevé, l’idéal le plus pur d’une colonie, il faut imaginer une colonie d’apôtres.
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