“ Chacun, selon ses œuvres, sera châtié, puni ou récompensé : nous avons appris cette doctrine des prophètes et nous la tenons pour vraie. S’il n’en était pas ainsi, si tout était l’œuvre du destin, il n’y aurait plus de libre arbitre. Si c’est le destin qui veut que celui-ci soit bon, et celui-là mauvais, celui-ci n’est pas digne d’éloge ni celui-là de blâme. [3] Et si l’homme ne peut, par le choix libre de sa volonté, éviter le mal et faire le bien, il n’a aucunement à répondre de ses actions. ”
Justin de Naplouse
Résumé
"Apologies", écrite par Justin de Naplouse au IIe siècle, est un plaidoyer chrétien qui défend la doctrine de la libre arbitre face aux critiques philosophiques et religieuses. L'œuvre explore les thèmes de la justice divine, des prophéties, ainsi que des relations entre les Juifs, les chrétiens et les démons, en s'appuyant sur les Écritures et les enseignements du Christ.
Justin insiste sur la responsabilité personnelle, réfutant l'idée d'un destin inéluctable, et affirme que le châtiment ou le salut dépendent des actes des hommes. Ce texte, structuré comme une apologie, mêle théologie, philosophie stoïcienne et citations bibliques pour justifier la foi chrétienne.
Citations de Apologies (Justin de Naplouse)
“ Prétendre que Dieu ne se met pas en peine des choses humaines, c’est nier Dieu d’une façon détournée, ou dire que, s’il existe, il aime le mal ou reste insensible comme la pierre, et que la vertu et le vice ne sont rien et qu’il n’y a de distinction entre le bien et le mal que dans l’opinion des hommes. Or c’est là une impiété et une injustice odieuse. ”
“ C’est ainsi, disons-nous, qu’aura lieu la conflagration, et non pas, comme le pensent les Stoïciens, par l’absorption des êtres les uns par les autres : cette opinion paraît déraisonnable. Ce n’est pas non plus par la loi du destin qu’arrive ce que l’homme fait ou souffre : chacun fait librement le bien ou le mal. Si les bons, comme Socrate et ceux qui lui ressemblaient, ont été poursuivis, jetés en prison, c’est aux démons qu’il faut l’attribuer, ainsi que l’abondance et la gloire dont ont semblé jouir Sardanapale, Épicure et leurs semblables. ”
