Résumé

Le faux Suffrage universel et l'empire (1872)

L'individu qui vote sans être réellement en état de donner un suffrage nuit à autrui, il annule un suffrage.
Le droit de vote n'est pas dans un intérêt purement personnel comme on paraît le croire, il est surtout dans un intérêt général. C'est si vrai que l'électeur n'a pas le droit de vendre son vote, d'en trafiquer; on punit celui qui se rend coupable de ces actes; on annule le vote entaché de corruption, d'intimidation. L'électeur est tenu de faire consciencieusement le meilleur usage de ce droit dans l'intérêt général.
Source : Gallica

Le faux Suffrage universel et l'empire (1872)

On voulait un instrument, on l'a eu.
Ce n'est pas le nombre de votants qui fait qu'il y a ou non suffrage universel, c'est lorsque le droit de voter est étendu aussi loin qu'il y a suffrage ; là est la limite infranchissable. Si on ne va pas jusque-là, il y a suffrage restreint ; si on la dépasse, on arrive au vote sans suffrage, au vote mécanique.
Celui-là, loin d'être le suffrage universel, est la destruction du suffrage universel et de tout suffrage quelconque.
Le nombre ne donne aucun droit, le nombre par lui-même n'est rien
Source : Gallica

Le faux Suffrage universel et l'empire (1872)

En France, pays depuis des siècles déshabitué de la liberté, où le pouvoir, quel que soit son nom, mesure d'une main avare la liberté, quand il veut bien en donner ; où tout est organisé en vue de favoriser le despotisme, comme en Angleterre et aux États-Unis tout l'est pour maintenir les libertés de la nation ; en France, où le pouvoir est tout, l'individu rien, et où tout le monde veut être du pouvoir, les masses privées d'instruction appartiennent d'avance à tous les gouvernements.
Source : Gallica

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