Résumé

Louis Bénaben Un mot sur les Remarques de M. de Châteaubriand… (1818)

Ils savent qu'au point où nous en sommes, la nation a plus d'ascendant sur le ministère, que le ministère sur la nation ; ils savent que toutes les manoeuvres du plus habile ministre ne la pousseront jamais où elle ne voudra pas aller. Ce sont surtout ces crimes de la nation qu'ils voudront connaître; ce sont ces crimes qu'il faudra prouver, et ils rougiront pour vous de vos preuves.
Venons au second point ; car autant la confusion seconde une accusation fausse, autant la méthode favorise une défense légitime. On veut que la marche du gouvernement soit toute révolutionnaire.
Source : Gallica

Louis Bénaben Un mot sur les Remarques de M. de Châteaubriand… (1818)

LA mythologie nous dit que Saturne dévorait ses enfans. Tout au contraire de Saturne, un parti engendre toujours un autre parti qui finit par le dévorer. A peine le trône fut-il rétabli, quelques hommes se groupèrent autour, dans l'attitude de gens qui le soutiennent, comme s'il avait eu besoin de soutien; dès ce moment, d'autres hommes s'empressèrent autour de la Charte, comme pour la couvrir de leur égide; et parce que les premiers avaient pris pour devise légitimité, les autres durent prendre pour devise liberté.
Source : Gallica

Louis Bénaben Un mot sur les Remarques de M. de Châteaubriand… (1818)

Dans cette lutte de la mauvaise foi contre l'évidence, ils ont eu la maladresse (tant la passion est aveugle) de lier si intimement la cause du ministère à celle de la nation, qu'ils ne sauraient blesser l'un, sans que l'autre ne s'en ressente.
Et quand il serait possible que les auteurs de la Note eussent pris le change sur la véritable situation des choses, il resterait le grief d'avoir porté leurs plaintes aux étrangers comme à des maîtres, il resterait le grief d'avoir implicitement protesté contre l'indépendance de leur pays.
Source : Gallica

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