Résumé

Louis d’Héricourt À Monseigneur le Garde des sceaux

En effet si on examine avec un peu d’attention ce qui se passe dans l’acquisition d’une terre ou d’une maison, on n’y trouvera pas la moindre circonstance qui puisse rendre l’acquisition d’un bien fond plus durable que celle d’un Manuscrit. Car que se passe-t-il dans la vente d’une terre ou d’une maison, d’un côté le payement que fait l’acquereur du prix de la chose qu’il achete, de l’autre la transmission que fait le vendeur de la proprieté de cette même chose au moyen du prix qu’il en reçoit ? Se passe-t-il rien de different dans la vente d’un Manuscrit ?
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Louis d’Héricourt À Monseigneur le Garde des sceaux

Voilà certainement l’idée exacte d’un Privilege, selon laquelle on peut avancer avec confiance, que le Souverain lui-même, en conséquence de ses propres Loix, se trouve dans une heureuse impuissance d’ôter les Privileges qu’il a accordez à un Libraire proprietaire d’un Manuscrit, pour en gratifier un autre qui n’y a aucun droit ; parce que ces sortes de Privileges ne sont pas seulement des marques de sa bonté & de la Protection dont il honore les Sçavans & les Libraires, mais une justice qu’il leur rend pour les animer au travail pour la gloire de son Royaume, & l’utilité de son Peuple.
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Louis d’Héricourt À Monseigneur le Garde des sceaux

Or il n’est pas douteux, aux termes des Loix, que le proprietaire d’une chose, en la faisant passer à un autre par le canal de la vente ou de l’échange, transmet au nouveau possesseur les mêmes droits qu’il avoit sur la chose dont il se dépouille. On a fait voir que l’Auteur d’un Ouvrage en étoit tellement le maître, qu’il ne pouvoit en être dépouillé sans injustice ; que ce même Ouvrage, fruit de son intelligence, tomboit naturellement dans le Commerce comme les autres productions de l’industrie
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