Résumé

Portrait de Édouard-René Lefebvre de Laboulaye Édouard-René Lefebvre de Laboulaye Études sur la propriété littéraire en France et en Angleterre

C’est de cette fausse notion qu’on est parti, soit pour nier le droit des auteurs, soit pour le transformer en simple privilège : Il est juste, a-t-on dit, de protéger l’homme qui, par son génie, enrichit le siècle présent et les générations à venir. Cela est juste, sans doute, mais comment s’exerce cette protection ? Donnez-vous à l’auteur le monopole de ses idées ? Non, cela est impossible. Ce que vous protégez, ce n’est pas une idée, c’est un manuscrit. Vous empêchez, une reproduction mécanique, et rien de plus. En d’autres termes, c’est une propriété que vous constituez.
Source : Wikisource

Portrait de Édouard-René Lefebvre de Laboulaye Édouard-René Lefebvre de Laboulaye Études sur la propriété littéraire en France et en Angleterre

Vient-il d’une concession bénévole de la société, c’est toujours un privilége ; le droit n’existe que par la grâce du législateur, et n’a d’étendue que celle que la loi lui donne ; mais au contraire, s’il n’est que le travail reconnu et garanti par la loi, si ce travail enfante des fruits matériels, si on peut vendre, donner, léguer ces produits comme ceux de la terre et de l’industrie, nous voilà si près de la propriété, qu’à moins de raisons majeures, je ne vois aucun intérêt à changer un mot bien fait, qui se grave aisément dans l’esprit, et qui emporte avec lui une idée de respect.
Source : Wikisource

Portrait de Édouard-René Lefebvre de Laboulaye Édouard-René Lefebvre de Laboulaye Études sur la propriété littéraire en France et en Angleterre

Si le livre est bon, nous le payons d’une obole, si le livre est mauvais, l’auteur peut mourir de faim sans que la société s’en inquiète. Il est incroyable qu’on trouve des gens assez résolus pour accepter des conditions aussi inégales, mais il est plus incroyable encore qu’on trouve naturel de condamner à la misère les enfants de ceux qui se dévouent pour nous enrichir, nous instruire ou nous amuser.
Reconnaître la propriété littéraire pleine et entière, c’est justice ; c’est à la fois récompenser le travail et rendre à l’écrivain la place qui lui appartient dans l’Etat.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature