Résumé

La propriété littéraire n'est pas une propriété… (1866)

Eh, quoi ! nous répète-t-on encore, Corneille, Lafontaine, Molière, ces sublimes initiateurs de la pensée humaine, qui ont édifié, par la seule puissance du génie, des œuvres immortelles, n'en seraient-il pas aussi bien propriétaires que le laboureur du champ fécondé de ses sueurs ! L'ingratitude des siècles passés a pu méconnaître les hommes de génie, mais contester la propriété de l'écrivain sur son œuvre, c'est méconnaître le génie lui-même!
Source : Gallica

La propriété littéraire n'est pas une propriété… (1866)

Au surplus, la propriété foncière a ses fruits et son usage de jouissance entièrement distincts ; ici ces deux droits se confondent. Ce que paie l'acheteur du livre, s'il ne l'achète pas dans un but de négoce, c'est précisément la jouissance même de la pensée de l'auteur. Des pages inertes de ce livre vont soudain s'éveiller à son esprit, tandis qu'il les fouillera du regard, les impressions de la vie intime de l'écrivain, les émotions de son cœur ou les lumières de sa raison, il s'en dégagera pour lui de doux rayonnements de joie ou la pure satisfaction de la rencontre d'une utile vérité.
Source : Gallica

La propriété littéraire n'est pas une propriété… (1866)

Le domaine public, au contraire, c'est l'indifférence publique; il laissera tomber l'œuvre intellectuelle dans la poussière d'un injurieux oubli ! L'objection porte à faux, car l'héritier, étant partie du domaine public, jouit de la liberté de publication offerte à
tous et peut, s'il lui plaît, en rééditant l'œuvre qui lui est précieuse, élever, comme par le passé, un autel au souvenir et à la gloire de son auteur.
Source : Gallica

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