Résumé

La propriété littéraire et artistique… (1862)

Ce n'est pas un intérêt que nous défendons, c'est un droit. L'intérêt est médiocre, le droit est capital : ce n'est rien moins que le principe même de la propriété. Il n'est pas une des raisons alléguées par les philosophes et par les jurisconsultes pour démontrer la légitimité du principe de la propriété, qui ne s'applique dans toute sa force à la propriété intellectuelle; et toutes les objections de quelque valeur que l'on élève, un peu légèrement peut-être, contre la propriété intellectuelle, peuvent être également invoquées contre toute espèce de propriété.
Source : Gallica

La propriété littéraire et artistique… (1862)

Eût-il une richesse inépuisable, un parti innombrable et tous les gouvernements pour lui, on peut hardiment le défier de tirer de sa tentative autre chose qu'un immense ridicule. Il n'est pas ici question d'un tableau ou d'une statue, que le propriétaire a dans sa main et dont il peut disposer à son plaisir. Si le détenteur d'un tableau de Raphaël le brûle, ou le mutile, c'en est fait : Raphaël est frustré d'une partie de sa gloire et l'humanité d'une partie de ses jouissances. Mais il y a quelque différence entre un tableau et un livre, entre un seul exemplaire et une édition.
Source : Gallica

La propriété littéraire et artistique… (1862)

Faut-il moins de travail et un travail moins relevé pour féconder une idée que pour arracher une moisson à la terre? Si le laboureur déchire ses mains aux ronces et use son corps à la queue de la charrue, l'écrivain ne connaît-il pas les veilles meurtrières, le travail acharné et sans trêve ? Au lieu de jouir de la vie et de dépenser ses facultés à s'enrichir, il renonce, savant, à l'industrie ; avocat ou médecin, à sa clientèle; se condamne à pâlir vingt ans sur un manuscrit, à vivre pauvre, inconnu de tous, ignorant même si l'œuvre répondra à ses espérances, si la vérité viendra à son appel
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature