Résumé

Portrait de Maurice Maeterlinck Maurice Maeterlinck Maurice Maeterlinck - Théâtre 1…

LA FILLE. Où voudriez-vous aller, grand-père ?
L’AÏEUL. Je ne sais pas où — dans une autre chambre, n’importe où ! n’importe où !
LE PÈRE. Où irions-nous ?
L’ONCLE. Il est trop tard pour aller ailleurs.
Silence. Ils sont assis, immobiles, autour de la table.
L’AÏEUL. Qu’est-ce que j’entends, Ursule ?
LA FILLE. Rien, grand-père, ce sont des feuilles qui tombent ; oui, ce sont des feuilles qui tombent sur la terrasse.
L’AÏEUL. Va fermer la fenêtre, Ursule.
LA FILLE. Oui, grand-père.
Elle ferme la fenêtre et revient s’asseoir.
L’AÏEUL. J’ai froid. Silence. Les trois sœurs s’embrassent.
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LA FILLE AÎNÉE. C’est la lampe qui palpite ainsi, grand-père.
L’AÏEUL. Il me semble qu’elle est bien inquiète... bien inquiète...
LA FILLE. C’est le vent froid qui la tourmente...
L’ONCLE. Il n’y a pas de vent froid, les fenêtres sont fermées.
LA FILLE. Je crois qu’elle va s’éteindre.
LE PÈRE. Il n’y a plus d’huile.
LA FILLE. Elle s’éteint tout à fait.
LE PÈRE. Nous ne pouvons pas rester ainsi dans les ténèbres.
L’ONCLE. Pourquoi pas ? J’y suis déjà habitué.
LE PÈRE. Il y a de la lumière dans la chambre de ma femme.
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L’ONCLE. En attendant notre sœur.
LE PÈRE. Tu ne vois rien venir, Ursule ?
LA FILLE AÎNÉE, à la fenêtre. Non, mon père.
LE PÈRE. Et dans l’avenue ? — Tu vois l’avenue ?
LA FILLE. Oui, mon père ; il y a clair de lune, et je vois l’avenue jusqu’aux bois de cyprès.
L’AÏEUL. Et tu ne vois personne ?
LA FILLE. Personne, grand-père.
L’ONCLE. Quel temps fait-il ?
LA FILLE. Il fait très beau ; entendez-vous les rossignols ?
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