Résumé

P. Scudo Revue musicale - Les Nozze di Figaro

Par cette rapide esquisse de la partition des Nozze di Figaro, qui a déjà, soixante-douze ans de date ; on peut du moins se faire une idée des beautés de premier ordre qui s’y trouvent pour ainsi dire entassées. L’instrumentation de Mozart, sobre, claire, variée d’incidens et de modulations rapides qui colorent la mélodie sans l’étouffer, nourrie d’une harmonie savante qui laisse à la voix humaine une entière liberté d’allures, est un modèle qui a servi d’enseignement à tous les compositeurs dramatiques de notre époque, à Rossini surtout et à M. Auber dans la première phase de son talent.
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P. Scudo Revue musicale - Les Nozze di Figaro

Sans doute l’orchestre de Mozart n’a pas l’éclat de celui de Rossini, qui a élevé le diapason des instrumens à cordes de presque une octave, en semant partout et avec profusion les couleurs de sa belle et riche imagination ; mais si l’auteur du Barbier de Séville a eu raison d’écouter son génie, de parler la langue de son temps et d’obéir à l’instinct passionné de son pays, il n’en est pas moins vrai que l’idéal où s’est élevé Mozart dans plusieurs morceaux des Nozze di Figaro n’a jamais été atteint par aucun compositeur dramatique.
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P. Scudo Revue musicale - Les Nozze di Figaro

Après ce duo remarquable, où le caractère des deux époux est mis en opposition sans que le contraste nuise à l’effet de l’ensemble, un changement de rhythme et de tonalité annonce l’apparition de Suzanne, au grand étonnement du comte et de la comtesse. Un trio très mouvementé se développe aussitôt sans rompre l’unité du plan. L’arrivée de Figaro et l’imbroglio qui en résulte produisent un quatuor délicieux qui n’est pas sans analogie avec la couleur générale du Matrimonio segreto de Cimarosa, postérieur au chef-d’œuvre de Mozart.
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