Sully Prudhomme,
Les vaines tendresses
“ Apprendre ton vrai sort, ô morte que j'aimais,Arrière les savants, les docteurs, les apôtres.Je n'interroge plus, je subis désormais.Quand la nature en nous mit ce qu'on nomme l'âme,Elle a contre elle-même armé son propre enfant;L'esprit qu'elle a fait juste au nom du droit la blâme,Le coeur qu'elle a fait haut la méprise en rêvant.Avec elle longtemps, de toute ma penséeEt de tout mon amour, j'ai lutté corps à corps,Mais sur son oeuvre inique, et pour l'homme insensée,Mon front et ma poitrine ont brisé leurs efforts. ”
