aîné J.-H. Rosny

Résumé

aîné J.-H. Rosny Scènes préhistoriques

L'homme savoura la simple volupté de vivre devant le luxe des grandes eaux, les pleuvotements des ombres et des clairs, puis il s'éloigna de nouveau, aux écoutes, son œil accoutumé aux pénombres épiant les embûches de la nuit.
—Hoï? murmura-t-il d'une voix interrogative et en se réfugiant dans l'ombre d'un buisson.
Un bruit de galop, vague d'abord, se rapprochait, se précisait. Le cerf élaphe reparut, aussi rapide mais moins précis dans sa fuite droite, en sueur, le souffle bref et trop sonore. À cinquante pas, le léopard, sans lassitude, plein de grâce, déjà victorieux.
Source : Gutenberg

aîné J.-H. Rosny Scènes préhistoriques

L'homme, las d'immobilité, marcha le long du fleuve du pas élastique d'un poursuiveur de proie. À quinze cents coudées, il s'arrêta, au guet, la sagaie prête à hauteur du front. Il vint, sur le bord d'un bosquet d'érable, une silhouette agile, un grand cerf élaphe à dix cors.
Le chasseur hésita, mais la tribu devait être pourvue de chair en abondance, car dédaignant la poursuite, il regarda s'éloigner la bête, ses pattes grêles, sa tête projetée en arrière, tout le bel organisme de course lancé dans les lueurs rougeâtres:
—Llô! Llô! fit-il, non sans sympathie.
Source : Gutenberg

aîné J.-H. Rosny Scènes préhistoriques

L'homme s'étonnait, ennuyé de la prompte victoire du carnassier, avec une envie croissante d'intervenir, lorsque survint une péripétie redoutable. C'était, là-bas, à l'orée des érables, en plein dans la lueur lunaire, une silhouette massive, en qui, au profond rugissement, au bond de vingt coudées, à la lourde crinière, l'homme reconnut la bête presque souveraine: le Lion. Le pauvre cerf élaphe, fou d'épouvante, fit un crochet brusque et gauche, se replia, soudain se trouva sous les griffes tranchantes du léopard.
Source : Gutenberg

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