“ Enjolras était debout sur l’escalier de pavés, un de ses coudes sur le canon de sa carabine. Il songeait ; il tressaillait, comme à des passages de souffles ; les endroits où est la mort ont de ces effets de trépieds. Il sortait de ses prunelles, pleines du regard intérieur, des espèces de feux étouffés. Tout à coup, il dressa la tête, ses cheveux blonds se renversèrent en arrière comme ceux de l’ange sur le sombre quadrige fait d’étoiles, ce fut comme une crinière de lion effarée en flamboiement d’auréole, et Enjolras s’écria : — Citoyens, vous représentez-vous l’avenir ? ”
Enjolras
Définition et enjeux
Enjolras, personnage central de Les Misérables de Victor Hugo, incarne l'idéalisme révolutionnaire et la rigueur morale d'une jeunesse insurgée. Hugo le présente comme un chef austère, animé d'une foi inébranlable en la justice, dont les actes, qu'ils soient héroïques ou impitoyables, trahissent une conviction absolue.
À travers ses paroles et ses gestes, le romancier met en lumière la tension entre la foi et le doute, la violence et l'humanité, notamment à travers sa relation complexe avec Grantaire. Enjolras, symbole des barricades, révèle ainsi les paradoxes et les aspirations d'une génération en lutte, liée à des thèmes tels que la révolution, la solidarité et la mort.
Citations sur “Enjolras”
“ Enjolras qui était debout sur la crête du barrage, le fusil au poing, leva son beau visage austère. Enjolras, on le sait, tenait du spartiate et du puritain. Il fût mort aux Thermopyles avec Léonidas et eût brûlé Drogheda avec Cromwell.—Grantaire! cria-t-il, va-t'en cuver ton vin hors d'ici. C'est la place de l'ivresse et non de l'ivrognerie. Ne déshonore pas la barricade! ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Mais Enjolras et Marius, et sept ou huit ralliés autour d’eux, s’étaient élancés et les protégeaient. Enjolras avait crié aux soldats : N’avancez pas ! et un officier n’ayant pas obéi, Enjolras avait tué l’officier. Il était maintenant dans la petite cour intérieure de la redoute, adossé à la maison de Corinthe, l’épée d’une main, la carabine de l’autre, tenant ouverte la porte du cabaret qu’il barrait aux assaillants. Il cria aux désespérés : — Il n’y a qu’une porte ouverte. Celle-ci. — Et, les couvrant de son corps, faisant à lui seul face à un bataillon, il les fit passer derrière lui. ”
