“ Si tu veux ! répondit Courfeyrac. La rue est libre, les pavés sont à tout le monde. Et il s’échappa en courant pour rejoindre ses amis. Quand il les eut rejoints, il donna le coffre à portera l’un d’eux. Ce ne fut qu’un grand quart d’heure après qu’il s’aperçut que le jeune homme les avait en effet suivis. Un attroupement ne va pas précisément où il veut. ”
Courfeyrac
Définition et enjeux
Citations sur “Courfeyrac”
“ Combeferre la soutenait mollement, Courfeyrac la battait en brèche énergiquement. Il y avait sur la table un malencontreux exemplaire de la fameuse Charte-Touque t. Courfeyrac l'avait saisie et la secouait, mêlant à ses arguments le frémissement de cette feuille de papier. —Premièrement, je ne veux pas de rois ; ne fût-ce qu'au point de vue économique, je n'en veux pas ; un roi est un parasite. On n'a pas de rois gratis. ”
“ Courfeyrac regarda, et s'écria : —Il suit un homme ! Un homme en effet, coiffé d'une casquette, et dont on distinguait la barbe grise quoiqu'on ne le vit que de dos, marchait à une vingtaine de pas en avant de Marius. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Seulement Courfeyrac était un brave garçon. Sous les apparentes similitudes de l’esprit extérieur, la différence entre Tholomyès et lui était grande. L’homme latent qui existait en eux était chez le premier tout autre que chez le second. Il y avait dans Tholomyès un procureur et dans Courfeyrac un paladin. Enjolras était le chef, Combeferre était le guide, Courfeyrac était le centre. Les autres donnaient plus de lumière, lui il donnait plus de calorique ; le fait est qu’il avait toutes les qualités d’un centre, la rondeur et le rayonnement. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ L’homme de haute stature que Courfeyrac, Combeferre et Enjolras avaient remarqué, à l’instant où il abordait l’attroupement au coin de la rue des Billettes, travaillait à la petite barricade et s’y rendait utile. Gavroche travaillait à la grande. Quant au jeune homme qui avait attendu Courfeyrac chez lui et lui avait demandé monsieur Marius, il avait disparu à peu près vers le moment où l’on avait renversé l’omnibus. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Courfeyrac, tout en démolissant un peu le cabaret, cherchait à consoler la veuve cabaretière. — Mère Hucheloup, ne vous plaigniez-vous pas l’autre jour qu’on vous avait signifié procès-verbal et mis en contravention parce que Gibelotte avait secoué un tapis de lit par votre fenêtre ? — Oui, mon bon monsieur Courfeyrac. Ah ! mon Dieu est-ce que vous allez me mettre aussi cette table-là dans votre horreur ? Et même que, pour le tapis, et aussi pour un pot de fleurs qui était tombé de la mansarde dans la rue, le gouvernement m’a pris cent francs d’amende. Si ce n’est pas une abomination ! ”
“ Marius!—Je l'ai vu, dit Courfeyrac. Ne lui parlons pas.—Pourquoi?—Il est occupé.—À quoi?—Tu ne vois donc pas la mine qu'il a?—Quelle mine?—Il a l'air de quelqu'un qui suit quelqu'un.—C'est vrai, dit Bossuet.—Vois donc les yeux qu'il fait! reprit Courfeyrac.—Mais qui diable suit-il?—Quelque mimi-goton-bonnet-fleuri! il est amoureux.—Mais, observa Bossuet, c'est que je ne vois pas de mimi, ni de goton, ni de bonnet-fleuri dans la rue. Il n'y a pas une femme.Courfeyrac regarda, et s'écria:—Il suit un homme! ”
“ Courfeyrac interpellait la mitraille sur son peu d’effet et disait au canon : — Tu deviens diffus, mon bonhomme. Dans la bataille on s’intrigue comme au bal. Il est probable que ce silence de la redoute commençait à inquiéter les assiégeants et à leur faire craindre quelque incident inattendu, et qu’ils sentirent le besoin de voir clair à travers ce tas de pavés et de savoir ce qui se passait derrière cette muraille impassible qui recevait les coups sans y répondre. Les insurgés aperçurent subitement un casque qui brillait au soleil sur un toit voisin. ”
“ Il vécut ainsi indéfiniment,—bêtement, disait Courfeyrac.Courfeyrac lui disait encore:—N'aspire pas à être vénérable (car ils se tutoyaient; glisser au tutoiement est la pente des amitiés jeunes) . Mon cher, un conseil. Ne lis pas tant dans les livres et regarde un peu plus les margotons. Les coquines ont du bon, ô Marius! À force de t'enfuir et de rougir, tu t'abrutiras. ”
“ Bossuet improvisa avec ses deux mains un porte-voix autour de sa bouche, et cria : — Courfeyrac ! Courfeyrac ! hohée ! Courfeyrac entendit l’appel, aperçut Bossuet, et fit quelques pas dans la rue de la Chanvrerie, en criant un : que veux-tu ? qui se croisa avec un : où vas-tu ? — Faire une barricade, répondit Courfeyrac. — Eh bien, ici ! la place est bonne ! fais-la ici ! — C’est vrai. Aigle, dit Courfeyrac. Et sur un signe de Courfeyrac, l’attroupement se précipita rue de la Chanvrerie. IIIla nuit commence à se faire sur grantaire. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Mais avant que Courfeyrac eût pu prononcer un mot et présenter Marius, E. [13] , voyant un étranger, avait froncé le sourcil et fait un signe. Tous se retournèrent vers le nouveau venu. Marius écouta selon l’indication de Courfeyrac, et voici ce qu’il entendit : — (Ici la partie de dominos.) Marius n’avait pas consenti à encombrer la chambre de Courfeyrac, mais s’était logé au même hôtel que lui, le trouvant cordial. Le lendemain conversation sur les ressources. — Le surlendemain sur la politique. En regard de ce plan, Victor Hugo a écrit : Tout ceci est à rédiger. ”
Paul Adam,
Au soleil de juillet (1829-1830…
“ Des hommes menaçaient stupidement de leurs baïonnettes le palais fulgurant et les hautes colonnes noyées de fumées grises. D'autres se vautraient comme s'ils cherchaient un abri derrière la fourrure de leurs bonnets. Courfeyrac fouilla la giberne d'un blessé. Combeferre et Durtot, à genoux, épaulaient leurs fusils contre les soldats qui visaient Raspail, Blanqui, Michel Chrestien acharnés à battre les barreaux du rez-de-chaussée avec des pioches et des pelles, accessoires des échafaudages. ”
“ Le lendemain, Courfeyrac introduisit Marins au café Musain. Puis il lui chuchota à l’oreille avec un sourire : Il faut que je vous donne vos entrées dans la révolution. Et il le mena dans la salle des Amis de l’A B C. Il le présenta aux autres camarades en disant à demi-voix ce simple mot que Marius ne comprit pas : Un élève. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Il n’était d’accord ni avec son grand-père, ni avec ses amis ; téméraire pour l’un, arriéré pour les autres ; et il se reconnut doublement isolé, du côté de la vieillesse, et du côté de la jeunesse. Il cessa d’aller au café Musain. Dans ce trouble où était sa conscience, il ne songeait plus guère à de certains côtés sérieux de l’existence. Les réalités de la vie ne se laissent pas oublier. Elles vinrent brusquement lui donner leur coup de coude. Un matin, le maître de l’hôtel entra dans la chambre de Marius et lui dit : — Monsieur Courfeyrac a répondu pour vous. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Courfeyrac tout à coup aperçut quelqu’un au bas de la barricade, dehors dans la rue, sous les balles. Gavroche avait pris un panier à bouteilles dans le cabaret, était sorti par la coupure, et était paisiblement occupé à vider dans son panier les gibernes pleines de cartouches des gardes nationaux tués sur le talus de la redoute. — Qu’est-ce que tu fais là ? dit Courfeyrac. Gavroche leva le nez. — Citoyen, j’emplis mon panier. — Tu ne vois donc pas la mitraille ? Gavroche répondit : — Eh bien, il pleut. Après ? Courfeyrac cria : — Rentre ! — Tout à l’heure, fit Gavroche. ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Une note de travail, sorte de plan du livre IV, résume le chapitre ii et le fond avec le reste du livre. Dans ce brouillon, la présentation de Marius suivait immédiatement sa rencontre avec Courfeyrac, que le manuscrit définitif remplace par Bossuet. Nous ne reproduirons de cette note que les passages non biffés, qui ont été très modifiés dans le texte adopté : Courfeyrac sur la porte. Voit un cabriolet passer sur la place au pas et comme indécis. Tiens ! pourquoi ce cabriolet va-t-il au pas. ? Il y regarde et croit y reconnaître un visage. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Courfeyrac défit sa cravate et en banda le front de Marius. On déposa Gavroche sur la même table que Mabeuf, et l’on étendit sur les deux corps le châle noir. Il y en eut assez pour le vieillard et pour l’enfant. Combeferre distribua les cartouches du panier qu’il avait rapporté. Cela donnait à chaque homme quinze coups à tirer. Jean Valjean était toujours à la même place, immobile sur sa borne. Quand Combeferre lui présenta ses quinze cartouches, il secoua la tête. — Voilà un rare excentrique, dit Combeferre bas à Enjolras. Il trouve moyen de ne pas se battre dans cette barricade. ”
“ Ce personnage et cette jeune fille, quoiqu'ils parussent et peut-être parce qu'ils paraissaient éviter les regards, avaient naturellement quelque peu éveillé l'attention des cinq ou six étudiants qui se promenaient de temps en temps le long de la Pépinière, les studieux après leur cours, les autres après leur partie de billard. Courfeyrac, qui était un des derniers, les avait observés quelque temps, mais trouvant la fille laide, il s'en était bien vite et soigneusement écarté. Il s'était enfui comme un Parthe en leur décochant un sobriquet. ”
Charles Hugo, Les Misérables, drame. [Bruxelles…
“ Cassez-moi la gargote de la mère Hucheloup. Tenez! v'là une fenêtre. COURFEYRAC. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse d'une fenêtre, tubercule? GAVROCHE. 4 Hercule, vous-même! Une fenêtre dans une barricade, c'est un velours! Ça n'empêche pas de l'attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n'avez donc jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteille? Pardi! le verre est traître : les carreaux d'une fenêtre, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale. COMBEFERRE. C'est égal, la troupe a reflué jusqu'à la rue Saint-Denis. Succès ! ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1881-1882)
“ Tais-toi, futaille ! » dit Courfeyrac. Grantaire répondit : « Je suis capitoul et maître ès jeux floraux ! » Enjolras qui était debout sur la crête du barrage, le fusil au poing, leva son beau visage austère. Enjolras, .on le sait, tenait du spartiate et du puritain. Il fût mort aux Thermopyles avec Léonidas et eût brûlé Drogheda avec Cromwell. « Grantaire ! cria-t-il, va-t'en cuver ton vin hors d'ici. C'est la place de l'ivresse et non de l'ivrognerie. Ne déshonore pas la barricade ! » ”
Victor Hugo,
Œuvres complètes de Victor Hugo…
“ Revoir la page où Thomas se réfugie chez Courfeyrac. Ce feuillet contenant le portrait de Bahorel (sur le manuscrit Bahorel) doit être antérieur à l’intercalation du livre Les amis de l’A B C. Il paraît, d’après la deuxième note citée plus haut, avoir été écrit pour donner un portrait de l’ami chez lequel Thomas se réfugiait. En effet, le nom de Bahorel est écrit partout dans cette page en surcharge à celui de Courfeyrac. Le bas du feuillet est biffé ; il contient les portraits très résumés des jeunes gens avec quelques modifications ”
“ Courfeyrac haussa les épaules. L’école romantique, dont il était, a toujours haï et méprisé les parapluies. — Un parapluie ! fit-il, jamais ! plutôt la tombe ! — Tu as tort, dit Bossuet, c’est élégant. Tu ne connais donc pas le grand chic anglais, un immense riflard ? Le texte de 1848 se poursuit jusqu’à : Va dormir ailleurs ! cria Enjolras. Après quoi nous trouvons une intercalation de trois feuillets, constituant en grande partie le chapitre iv. L’écriture de 1848 reprend au feuillet 264. Feuillet 271. — VI. En attendant. ”
Charles Hugo, Les Misérables, drame. [Bruxelles…
“ JEAN VALJEAN, à part. La mitraille ! EXJOLRAS. Baissez la tête et ralliez le mur ! (La mitraille éclate. Plusieurs hommes tombent.) Empêchons toujours le second coup. COMBEFERRE. Comment? EXJOLRAS. En tuant le chef de pièce. (Il tire.) COURFEYRAC. Le temps qu'on le remplace, c'est cinq minutes de gagnées. COMBEFERRE. Oui, mais si l'on ne préserve pas la barricade de la mitraille, dans dix minutes il n'y aura plus un seul homme debout. ENJOLRAS, montrant l'angle de la barricade; ut du mur. Il faut mettre là un matelas. ”
Ferdinand Fabre,
Les Courbezon (Nouvelle édition…
(1862)
“ Puis, si la Courbezonne redevenait calme et confiante, il lui promettait de faire un voyage à Toulouse avec elle. « Nous irons accompagner Sévéraguette, lui répétait-il. » Il aimait sa mère non-seulement comme un fils tendre et dévoué, mais il l'aimait de plus par toutes les souffrances qu'il lui avait fait endurer. Qui niera que les larmes n'avivent et n'affermissent les sentiments, et qu'elles ne soient aux affections ce que sera au fer qui bout dans la fournaise, l'eau froide où tout à l'heure la main de l'ouvrier le trempera? ”
Ferdinand Fabre,
Les Courbezon (Nouvelle édition…
(1879)
“ Espérant peut-être que l'or fascinerait l'abbé Courbezon comme, en plein midi, à la Place-aux-Herbes de Bédarieux, il avait fasciné Mécanne, le paysan madré vida sur la table ses deux poches littéralement pleines de pièces de vingt et de quarante francs. L'émotion fut on ne peut. plus vive parmi les assistants. Marthe, croyant tout sauvé, sourit à Fumat, et la Courbezonne courut vers la table, l'oeil enflammé de désir, la bouche béante, les bras tendus. ”
“ Parce que je suis gaucher. » Sa Majesté : « Ça ne fait rien, je veux que vous veniez, ce serait trop tard pour faire venir vos fusils. » Corvisart monte dans la voiture du Grand Écuyer et partit pour Saint-Germain. C’est la seule fois que M. Corvisart a chassé avec Sa Majesté. M. Corvisart assistait souvent à la toilette de l’Empereur. Un jour, dans leur conversation, on parlait de M. Bourrienne. L’Empereur disait : « Je parie, Corvisart, que je ferais renfermer Bourrienne, seul, dans le jardin des Tuileries, il trouverait de l’argent [94] ; c’est un homme très-fin ! » ”
Ferdinand Fabre,
Les Courbezon (Nouvelle édition…
(1879)
“ En arrivant au champ de la Croix-Blanche, les trois femmes aperçurent l'abbé Courbezon assis fort tranquillement derrière la haie de gamacès. Une grande feuille de vélin était déroulée sur ses genoux, et, de temps à autre, sa main y promenait un petit compas. C'était bien là son ancienne attitude de Saint-Chinian et de Villecelle. La Courbezonne sentit son sang se figer dans ses veines ; elle eut besoin de s'appuyer sur le bras de sa fille. ”
Ferdinand Fabre,
Les Courbezon (Nouvelle édition…
(1879)
“ Remontons, dit la Courbezonne. – C'est inutile, reprit l'orpheline en quête d'un prétexte qui lui permît de s'isoler, je vais les emmener déjeuner à Saint-Xist. Nous vous rejoindrons bientôt. – Oh ! mais, non, non ! s'écria la Cassarotte ; ils se lèvent à peine et n'ont pas encore faim. – Est-ce que tu ne croquerais pas une tartine de miel blanc, toi ? » demanda Sévéraguette à la petite fille. Marinette sourit, allongeant ses mignonnes lèvres d'un rouge de corail. « Et toi, Jeannot, qu'en dis-tu ? » ”
Ferdinand Fabre,
Les Courbezon (Nouvelle édition…
(1879)
“ Je comptais sur Fumat, et cet homme m'a trompé. Oh ! soyez-en bien certaine, mon excellente mère, continua le vieux desservant pliant les genoux avec respect et embrassant la Courbezonne qui pleurait, ce sont les dernières larmes que je vous fais verser. » La vieille paysanne balbutia quelques mots inintelligibles. « Allons, ma mère, allons, ma soeur, courage ! poursuivit le curé. – Et, prenant la Courbezonne et Marthe par la main : Voyons, ajouta-t-il en essayant de sourire, l'argent que nous avons en caisse. » ”
Ferdinand Fabre,
Les Courbezon (Nouvelle édition…
(1879)
“ La Boussagole grimpa vers la chambre de sa nièce. « Bonne nouvelle. Sévéraguette ! s'écria l'abbé Courbezon en apercevant l'orpheline. – Clavel a-t-il terminé ses travaux de Saint-Martin d'Orb ? demanda-t-elle. – Il a dû les finir ce soir. – Et quand viendra-t-il commencer notre école ? – Demain, mon enfant, demain ! dit le curé la face épanouie. – Enfin ! soupira la jeune fille le coeur oppressé d'une indicible joie. – « Demain, au petit jour, m'a-t-il dit, je serai à Saint-Xist avec une dizaine d'ouvriers pour attaquer les fondements. » ”
