“ Grantaire est impossible ; mais la fatuité de Grantaire ne se déconcertait pas. Il regardait tendrement et fixement toutes les femmes, ayant l’air de dire de toutes : si je voulais ! et cherchant à faire croire aux camarades qu’il était généralement demandé. Tous ces mots : droit du peuple, droits de l’homme, contrat social, révolution française, république, démocratie, humanité, civilisation, religion, progrès, étaient, pour Grantaire, très voisins de ne rien signifier du tout. ”
Citations sur “Grantaire”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ C’était Grantaire dialoguant avec un adversaire qu’il avait. Grantaire était assis, vis-à-vis d’une autre figure, à une table de marbre Saint-Anne semée de grains de son et constellée de dominos, il frappait ce marbre du poing, et voici ce qu’Enjolras entendit : — Double-six. — Du quatre. — Le porc ! je n’en ai plus. — Tu es mort. Du deux. ”
Paul Adam,
Au soleil de juillet (1829-1830…
“ Tous les Brutus de tragédie exprimaient leurs vertus par les lèvres des Ribéride et des Grantaire, tous les princes des mélodrames déclamaient leurs courages par les bouches des marchands. Mille souvenirs d'émotions pathétiques renaissaient aux mémoires de ces orateurs. A tous les étages, la rue revendiquait son désir de chevalerie et d'équité légendaires. Devant le cadavre de la fusillée, lui-même, Omer, résista mal. Les vibrations de l'air pénétraient ses tempes, troublaient sa raison craintive. Elles insufflaient en lui l'ardeur publique. La moue du major sembla le blâmer de son inaction. ”
Paul Adam,
Au soleil de juillet (1829-1830…
“ Le désir grandit, l'hallucina, tordit ses nerfs dans sa poitrine qui vibrait comme une viole sous l'archet invisible d'un dieu.«Ah! mon père, tu m'enivres de ton courage... Je veux ta gloire!»En même temps, il vit approcher le chapeau roux d'Enjolras planté de coin, le feutre de Grantaire et son fusil de chasse, puis l'élan de son cousin joufflu. Légère et rose, Angeline bondissait: le rire étincelait à ses dents. Ses yeux s'écarquillèrent quand elle découvrit les Suisses. Hagarde, elle haussa le drapeau de toute la vigueur de ses bras potelés: le corsage se dégrafa dans l'effort. ”
Paul Adam,
Au soleil de juillet (1829-1830…
“ Rambourg fit ondoyer les plis tricolores de son vaste étendard. Une lame au poing, l'oncle Edme se multipliait, insultait les imprimeurs trop bavards, refrénait les facéties de Grantaire qui envoya des baisers à une petite fille en pleurs: elle appelait son chat vagabond sur la gouttière. Le long des magasins, une bande affolée creusa les rangs à l'inverse. On transportait, dans une couverture, un homme évanoui, la chemise ouverte. Omer se prévit tel, et tout à l'heure. ”
Paul Adam,
Au soleil de juillet (1829-1830…
“ Omer compta la belle face d'Enjolras, le fin profil de Combeferre, la tignasse de Grantaire, la redingote verte de Bahorel, le gilet écarlate de Ribéride, M. d'Orichamps, qui avait son ourson suspendu à son bras par la jugulaire, la tête olympienne et grave de Michel Chrestien, la mine noiraude de Raspail, Ulysse Trélat dont la mèche s'égouttait sur l'œil. Le chirurgien bandait le ventre d'un cavalier étendu le long d'une paillasse, dans une charrette à bras. Les imprimeurs défilaient clopin-clopant. Le gnome étanchait avec un mouchoir le sang de son épaule grasse fendue par un sabre. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ On a choisi le plus sage, le plus expérimenté, et c’est en vertu de ce mandat que le géronte dirige les travaux, garde la caisse, fait les prières, paie les tributs à Dieu et à l’empereur. Si la famille vient à n’être plus contente de son chef, ou si l’âge a affaibli ses facultés, elle en proclame un autre. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ NINON. Quelle idée est la vôtre ! Tout est réglé, monsieur... MONSIEUR GARANT. Il faudra mûrement Consulter sur ce cas quelque avocat savant, Quelque bon procureur, quelque habile notaire, Qui puisse prévenir toute fâcheuse affaire. Il faut fermer la bouche aux malins héritiers, Qui pourraient méchamment répéter les deniers. LE JEUNE GOURVILLE. Mon père n’en a point. MONSIEUR GARANT. Hélas ! dès qu’on enterre Un vieillard un peu riche, il sort de dessous terre Mille collatéraux qu’on ne connaissait pas. ”
Eugène Sue,
Mathilde, Mémoires d’une jeune femme
(1841)
“ N’est-il pas des carrières honorables que vous pouvez encore embrasser ? n’avez-vous pas été militaire, diplomate ?... — Je n’accepterai ni ne demanderai jamais aucun emploi à ce gouvernement. — Soit, vous avez raison... cette susceptibilité se comprend, par votre position... par votre reconnaissance pour une famille qui a comblé vous et les vôtres et à laquelle mes parents aussi ont toujours été dévoués, vous appartenez au parti qui représente les droits et les espérances de cette royale famille ; eh bien ! joignez-vous à ses courageux défenseurs. ”
Voltaire,
Correspondance, VIII (1759-1760…
“ S’il faut la minute du contrat, j’aurai l’honneur de vous la faire tenir. Je n’ai point encore fini avec monseigneur le comte de La Marche. On ne peut être plus sensible que je le suis à vos bontés. Regardez-moi comme un homme qui vous sera attaché toute sa vie. ”
Horace de Choiseul, Revue des Deux Mondes
“ Notre longue discussion d’hier au soir dans le Conseil ne m’a pas laissé le temps, mon cher général, de vous entretenir de la conversation que je venais d’avoir avec lord Granville. Il est pourtant nécessaire que vous la connaissiez plutôt que plus tard... Je crois qu’avant d’aller plus loin, il est nécessaire que nous nous recordions sur le point où nous en sommes. ”
Voltaire,
Correspondance, I (1711-1735)
“ Dans les travaux tu te fais un loisir ; Tu sais charmer au conseil comme à table. Mécène à toi n’est pas à comparer, Et je te crois, j’ose ici l’assurer, Moins paresseux, et non pas moins aimable. Heureux, monsieur le duc, ceux qui peuvent jouir de votre protection et de votre entretien ! Pour moi, la seule grâce que je vous demande est celle de vous voir. ”
F.-X. Garneau, Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours…
“ Je suis venu, dit-il, mettre fin à cette session, convaincu... qu'il n'y a plus lieu d'en attendre rien d'avantageux pour les intérêts publics. A vous, messieurs du conseil législatif, qui avez été assidus à vos devoirs,... j'offre mes remercîmens de la part de sa Majesté, en témoignage de l'intérêt que vous avez prit au bien-être de votre pays, et du respect que vous avez montré pour le souverain dont vous tenez vos honneurs. Il m'est bien pénible, messieurs de la chambre d'assemblée, de ne pouvoir vous exprimer mes sentimens en termes d'approbation et de remercîment... ”
Marco Polo,
Deux Voyages en Asie au XIIIe siècle
“ C’est là que logent les barons, les nobles et les officiers ; auprès de celle-là il y en a une autre vers l’occident, qui est comme la cour et le conseil du roi, et où il entre lorsqu’il veut parler à quelqu’un. ”
Anselme Batbie,
Turgot philosophe, économiste et administrateur…
(1861)
“ Dans cette assemblée même où votre trône est environné de ceux que le sang, les dignités et l'honneur de votre confiance attachent plus particulièrement encore que le reste de vos sujets à votre personne sacrée, au bien de votre service, aux intérêts de votre gloire, elle ne peut méconnaître l'expression fidèle du sentiment général dont les âmes sont pénétrées. ”
Louis Ganderax,
Revue des Deux Mondes
“ Comme députés de la noblesse, voici le bon seigneur, — qui se montre peu et qui n’agit pas, — et le méchant, — qui se met en avant et qui fait rage ; — voici, comme députés du clergé, un moine assassin et un prêtre ridicule. ”
Pierre-Chaumont Liadières,
Souvenirs historiques et parlementaires…
(1855)
“ Une administration ferme, habile, s'appuyant sur les sentiments généreux, faisant respecter au dehors la dignité de votre trône, et le couvrant au dedans de sa responsabilité, est le gage le plus sûr de ce concours que nous avons tant à coeur de vous prêter. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ LE PRÉSIDENT. Vous voyez, monsieur, mes deux filles : l’une est malheureuse parce qu’elle a un mari ; et celle-ci commence à l’être parce qu’elle n’en a point. Mais ce qui me désoriente et me fait voir des étoiles en plein midi... FANCHON. Eh bien ! mon père ? LE CHEVALIER. Eh bien ! monsieur ? LE PRÉSIDENT. C’est que le mari qui est destiné à ma fille cadette... FANCHON. Un mari, mon père ! LE CHEVALIER. Un mari, monsieur ! LA PRÉSIDENTE. Eh bien ! ce mari, peut-être est-il malade. Cela ne sera rien ; je le guérirai. LE PRÉSIDENT. Ce mari, M. du Cap-Vert, ce fameux armateur... ”
Duchesse de Louise Elisabeth Tourzel, Mémoires de Madame la Duchesse de Tourzel…
“ Il y avait dans la chambre du conseil, devant la porte de la chambre du Roi, une vingtaine de grenadiers de la garde nationale, auxquels la Reine adressa ces paroles: «Messieurs, tout ce que vous avez de plus cher, vos femmes et vos enfants, dépendent de notre existence; notre intérêt est commun.» ”
Garnier-Ramand, Aux électeurs. La lanterne tricolore… (1868)
“ Il va nous falloir choisir un mandataire, qui sera chargé d'exprimer nos voeux à l'Empereur, et en même temps de lui montrer les besoins du pays. Il devra défendre aussi nos intérêts, c'est-à-dire surveiller nos finances et faire qu'on dépense le moins possible. Ce mandataire sera encore gardien de notre honneur; la France, la main sur la garde de son épée, surveille les ambitieux. C'est à notre mandataire de faire le signe qui fera sortir le glaive du fourreau, si notre dignité a reçu un affront où si notre intérêt se trouve menacé par de turbulents voisins. ”
Voltaire,
Correspondance, III (1738-1740…
“ Aimez du moins les sentiments de reconnaissance qui m’attachent à vous depuis si longtemps, et dites à ce chancelier [5] , qui devrait être le seul chancelier, qu’il doit bien m’aimer aussi un peu, quoiqu’il n’écrive guère, et qu’il n’aime pas tant les belles-lettres que son aîné. ”
Sophie Gay,
Le Faux Frère
(1845)
“ Fils d’un conseiller au parlement, autrefois fort riche, et qui avait perdu une partie de sa fortune dans l’émigration, il se destinait à suivre la carrière de son père, et déjà quelques succès, quelques causes plaidées avec éclat, lui avaient donné la plus grande idée de lui-même. ”
Godefroi La Tour d'Auvergne, De l'impossibilité de faire une guerre sérieuse… (1831)
“ On n'a peut-être pas fait sentir assez vivement aux généraux que leur conduite publique, leur vie privée, leurs actions et leurs paroles influaient de la manière la plus forte sur leurs succès et sur leur gloire. ”
Pauline Braquaval, Anémones : récits moraux et amusants… (1874)
“ Vous êtes le frère d'un homme qui, par ses hautes connaissances et par sa philantrophie, a rendu d'éminents services à son pays : nous ne pouvons rien refuser à sa prière ; je vous confie le mandat de conseiller dans la ville où vous êtes né, et où votre père a rempli cette charge avec tant d'intégrité et de noblesse. ”
Voltaire,
Correspondance, IX (1760-1761)
“ S’il faut que monsieur le chancelier, et les ministres, et tout Paris, soient instruits de votre procédé, ils le seront ; et s’il se trouve dans votre compagnie respectable une personne qui vous approuve, je me condamne. ”
Just-Jean-Étienne Roy, L'enfant de troupe : souvenirs écrits sous la dictée d'un vieil invalide (1858)
“ Tu as eu tort, me dit-il, de faire devant eux une espèce d'étalage de ta liaison avec moi et de la protection que t'accorde la soeur du premier consul. Songe que vous êtes tous égaux, et que tu ne dois chercher à te distinguer que par ta bonne conduite, ton obéissance envers tes chefs et ton zèle pour ton instruction. Sois doux, affectueux et bon envers tes camarades ; mais évite d'être trop communicatif. ”
Louis Garneray,
Voyages, aventures et combats
“ Et puis, encore une chose : c’est que si un exécuteur manquait deux ou trois fois de suite son opération, le roi le soumettrait lui-même à l’épreuve... tandis que s’il réussit toujours, son gracieux souverain le récompense... — En argent, en effets ou en arack ? — Oh ! non ; les rois ne donnent jamais... Ils nomment l’exécuteur adroit un de leurs ministres. — Diable ! mais vos rois me semblent être d’excellents négociants. — Je crois bien, seigneurie !... Vous ne pouvez vous imaginer comme ils ont de l’esprit et combien ils s’occupent de leurs sujets. ”
S. Duteil d'Ozanne, Discours prononcé le 29 juillet 1890 par M. S. Duteil d'Ozanne… (1890)
“ Vous voyez, mes chères enfants, toute la sollicitude de M. le Grand Chancelier à votre égard; je sais que votre cœur lui en garde une profonde reconnaissance, mais vous avez un moyen bien simple de la lui prouver : travaillez, redoublez de courage, et que tous vos efforts tendent à vous rendre dignes de son intérêt et de sa paternelle affection. ”
Jean-François Barton de Montbas, Au service du roi : mémoires inédits d'un officier de Louis XIV (1926)
“ « Monsieur, si vous l aviez affermée dix mille écus, ce serait dix mille écus dont vous jouiriez votre vie durant, et il nous serait besoin d'avoir bien des commandeurs comme vous. » Vous voyez, nos chers descendants, qu'il ne faut point cacher les obligations que nous avons à nos supérieurs : la reconnaissance que nous leur faisons des biens qu'ils nous font les incite à nous en faire davantage; de plus, ils remarquent en nous de la droiture et de la bonne foi, ce qui attire leur confiance. ”
Louis Féral, Éloge de M. Ravez : prononcé, le 10 décembre 1853… (1853)
“ Présidents de la Chambre, ils domineront leurs collègues bien plus par l'étendue de leur intelligence que par le titre dont ils sont revêtus, et leur destinée sera telle, que l'un, appelé à recueillir l'héritage de l'autre, sera digne de le conserver : l'un, avec l'ardeur de son éloquence, soulèvera dans un même élan tous les coeurs; l'autre, avec sa.haute raison, apaisera les débats les plus agités; et, placés tous deux au même degré dans le coeur du même roi, ce sera avec le même courage et le même dévouement qu'ils défendront sa noble cause ”
Paul Féval, L’Homme de fer (1877)
“ Nous et nos frères et compagnons de l’ordre, pour la renommée que nous avons ouïe de vous, de vos grands biens, que y persévérerez et les augmenterez à l’honneur de l’ordre et recommandation et louange de vous, vous avons élu à être perpétuellement, si Dieu plaît, frère et compagnon d’icelui ordre et aimable compagnie, par quoi avez à faire les serments qui s’ensuivent. ”
George Sand,
Mademoiselle La Quintinie
(1863)
“ Tout ceci s’est combiné d’une façon irrégulière, et je suis forcé de marcher dans la voie de l’irrégularité ouverte par vous et par monsieur le grand-père. Ordinairement, et dans la règle voulue, qui est toujours la meilleure, le postulant présente sa demande au chef de la famille. ”
Auteur :Funck-Brentano et Paul d’Estrée, Revue des Deux Mondes
“ Pour tous ceux qui gravitaient de près ou de loin dans l’orbite de la Cour, pour tous ceux, — et ils étaient légion, — qui attendaient d’elle faveurs, places, honneurs, privilèges, cordons et pensions, un service de nouvelles, les tenant promptement au courant de cette vie mouvante et féconde en surprises, était une nécessité. ”
Julien Loth, Monseigneur Blanquart de Bailleul… (1869)
“ Ah ! les princes et les magistrats qui sont placés à la tête de notre société et portent le lourd fardeau des fonctions publiques, les pères de famille, tous ceux qui exercent une autorité quelconque, savent, mieux que personne, quels en sont aujourd'hui les effrayants progrès. ”
F. Grandin, Fables et nouvelles (1844)
“ Pendant quelque temps, on a continué à choisir les chefs de chaque famille; mais elles n'ont pas tardé à se mêler, à se fondre; il est devenu impossible de les reconnaître, et alors on a désigné indistinctement les plus anciens de la société en masse. a Voilà comment, en vous éloignant de la nature, vous êtes entraînés, sans vous en douter, à défigurer, à compliquer, à corrompre vos institutions. Vous aviez à votre tête d'abord un père, ensuite des parens, et ici seulement des fondés de pouvoirs. ”
Voltaire,
Correspondance, X (1762-1763)
“ Vous êtes les pères du peuple ; et je suis peuple, je fais des vœux pour que tout rentre dans l’ordre accoutumé. Puis-je prendre la liberté de vous supplier, monsieur, de présenter mes respects à monsieur le premier président et à monsieur le procureur général ? ”
James Fenimore Cooper,
Le Bourreau de Berne
“ Tout nous promet un excellent ménage ! Un jeune homme loyal, sobre, industrieux, actif, uni à une belle et bonne femme, peut chasser le chagrin loin de ses foyers. N’oublions pas que le serment qu’ils vont prononcer, étant légal, doit être entouré de gravité et de respect. – Que le notaire s’avance, — non pas celui qui en a si bien joué le rôle, mais l’honorable et intègre officier justement chargé de remplir ces respectables fonctions. – Nous écouterons le contrat. Je vous recommande un silence décent, mes amis ; ce n’est plus une fiction, mais l’exécution des lois est un mariage véritable. ”
Emmanuel de Grouchy,
Fragments historiques réunis pour établir le fait de calomnie répandue dans un libelle du général Berthezène…
(1840)
“ MONSIEUR LE PRÉSIDENT, La noble solidarité qui semble mettre en commun dans la chambre des pairs, tous les litres acquis au service de la patrie, impose à chacun de ses membres l'obligation de conserver intacte la part qui lui appartient dans cette illustre association. ”
