Friedrich Laun

Élements biographiques

Friedrich Laun Fantasmagoriana

« Qui es-tu, misérable poussière que je tiens au bout de mon épée ? » demanda Calzolaro, le regard assuré et la voix bien posée ; mais à peine a-t-il proféré cette question, que soudain il pâlit, son bras tremble, ses genoux chancellent, ses yeux hagards fixés sur la tête, se troublent ; il a à peine la force de poser l’épée et la tête sur l’autel ; il tombe soudainement à terre avec tous les symptômes d’une épouvante extrême.
Les spectateurs, hors d’eux-mêmes, regardent le maître de la maison ; celui-ci à son tour les regarde.
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Friedrich Laun Fantasmagoriana

La curiosité des spectateurs est excitée au plus haut degré : on attend encore long-temps, mais l’explication n’arrive pas ; enfin Calzolaro se relève à demi, et demande si l’ombre de son père a disparu.
La stupéfaction succède à l’étonnement ; le colonel veut savoir s’il a prétendu se jouer de la société, en promettant un dialogue avec la tête de mort.
Calzolaro répond qu’il se prêtera à tout, et qu’il supportera volontiers tous les châtimens qu’on voudra lui infliger pour son crime affreux ; mais il prie instamment que l’on reporte la têté à son lieu de repos.
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Friedrich Laun Fantasmagoriana

L’assemblée ne se lassoit cependant d’adresser à Calzolaro une foule de questions dont quelques-unes étoient assez bizarres. On désiroit savoir, entr’autres, si la tête qui lui avoit apparu ressembloit à celle d’un cadavre ou à celle d’un homme vivant.
« C’est probablement à la première, » répondit-il, « l’effet terrible de l’ensemble de l’apparition m’avoit comme foudroyé ; de sorte que j’ai pu oublier les détails. Représentez-vous un fils qui, à la pointe d’une épée qu’il tient à la main, aperçoit la tête de son père ! L’idée seule peut faire perdre la raison. »
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