Frédéric Passy, Feuilles éparses : 1840-1904 (1904)
“ Ne perdons pas le temps, dit, quand le jour l'éveille, L'industrieuse abeille, L'artiste sans pareille ; Allons puiser, mes soeurs, Au calice des fleurs, Où la nuit l'a formée, Cette manne embaumée Promise à nos labeurs ; Et vers la ruche aimée, A bien faire animée, De tous lieux, en tous sens, Des prés, des bois, des champs, Rapportons les présents. Ne perdons pas le temps. Ne perdons pas le temps, dit le gland que la terre, Dans l'ombre et le mystère, En prévoyante mère, A couvé dans son sein. Notre horizon s'éclaire. Le triste hiver prend fin ”
