Frédéric Passy

Élements biographiques

Frédéric Passy Feuilles éparses : 1840-1904 (1904)

Ne perdons pas le temps, dit, quand le jour l'éveille, L'industrieuse abeille, L'artiste sans pareille ; Allons puiser, mes soeurs, Au calice des fleurs, Où la nuit l'a formée, Cette manne embaumée Promise à nos labeurs ; Et vers la ruche aimée, A bien faire animée, De tous lieux, en tous sens, Des prés, des bois, des champs, Rapportons les présents. Ne perdons pas le temps.
Ne perdons pas le temps, dit le gland que la terre, Dans l'ombre et le mystère, En prévoyante mère, A couvé dans son sein. Notre horizon s'éclaire. Le triste hiver prend fin
Source : Gallica

Frédéric Passy Feuilles éparses : 1840-1904 (1904)

Ai-je, armé d'une flamme impie,
Levé mon bras contre les cieux, Et sur les temples saints allumé l'incendie ?
Hélas! mon coeur toujours pieux
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D'aucun crime jamais ne conçut la pensée, Et jamais ma langue insensée Ne blasphéma contre les dieux.
Le temps n'a pas encor marqué sa blanche trace Sur l'ébène de mes cheveux ; Mon enfance à peine s'efface; La vieillesse est si loin encor!
Pour la première fois l'on fêtait ma naissance, Alors qu'un même sort
Ravit aux deux consuls la vie et la puissance.
Que sert de dépouiller la vigne avant le temps De la grappe qui la couronne?
Source : Gallica

Frédéric Passy Feuilles éparses : 1840-1904 (1904)

Oui, je le reconnais, ce trouble plein de charmes, Cet espoir inquiet et ces douces alarmes, Que dans un coeur ému vient d'avance exciter L'approche du bonheur qu'il aspire à goûter, C'est l'amour; c'est ce feu qui pénètre et transporte Non cette folle ardeur qu'un vain désir apporte, Qu'emporte le dégoût, que suit le repentir, Et qui fuit le bonheur en cherchant le plaisir; Mais cette chaste flamme, à loisir allumée, Qui règne sans combat dans une âme charmée, Que les yeux, que le coeur, et que l'esprit ravi Par un touchant accord nourrissent à l'envi
Source : Gallica

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