J.-J. Jusserand

Élements biographiques

J.-J. Jusserand,  Revue des Deux Mondes

“ Les deux ordres d’idées sont exposés parallèlement par Chaucer, ce rêveur qui avait tant vécu de la vie réelle, cet homme d’action qui avait tant rêvé.
Troïlus dédaignait l’amour et se moquait des amoureux, un jour il aperçoit Cressida au temple, et c’en est fait de lui ; il ne peut détacher ses regards d’elle ; le vent d’amour a passé, toute sa force a disparu ; sa fierté s’est effeuillée comme s’effeuille une rose. Il a peine à respirer tant son émotion est grande, il boit à longs traits un invincible poison. Loin d’elle son imagination achève ce qu’avait commencé la réalité
”
Source : Wikisource

J.-J. Jusserand,  La vie nomade et les routes d'Angleterre au 14e siècle

“ C'est Chaucer qui entre, c'est le chevalier, c'est l'écuyer, c'est le frère, c'est l'hôte, vieilles connaissances. Nous sommes entre nous, on peut parler sans crainte, la bière mousseuse rend les cœurs expansifs, et voilà les replis secrets de cette âme tortueuse qui se déroulent à la vue: c'est le résumé de toute une vie qu'il nous donne, la théorie de son existence, la clef de tous ses secrets. Qu'importe sa franchise? il sait qu'elle ne peut pas lui nuire; vingt fois l'évêque a mis à jour ses pratiques, et la foule s'est toujours attroupée autour de lui. ”
Source : Gutenberg

J.-J. Jusserand,  Revue des Deux Mondes

“ Sous sa forme demi-épique, le Troïlus se rattache à l’art du roman et à l’art du drame, au développement desquels l’Angleterre devait si puissamment contribuer. C’est déjà le roman et le drame à l’anglaise, où le tragique et le comique sont mêlés, où l’héroïque et le trivial vont côte à côte, comme dans la vie, où la nourrice de Juliette interrompt les amoureux penchés sur le balcon des Capulets, où les princesses n’ont pas de confidentes, reproductions réduites de leurs propres personnes, inventées pour leur donner la réplique ”
Source : Wikisource

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