Édouard Taillebois Rapport de M. Édouard Taillebois… (1872)

Il était environ cinq heures du soir : des détachements de la landwer, arrivant de Corbeil, et la ligne faisant tête partout, il n'y avait plus moyen de passer. Je rentrai, non sans peine, dans Versailles tout palpitant d'espoir. La population s'attendait, d'une minute à l'autre, à voir flotter le drapeau tricolore ; ces gredins d'Allemands, dont une poignée était restée dans la ville, se vengeaient de ces espérances patriotiques en sabrant la population inoffensive jusque sur le seuil des portes.
Source : Gallica

Édouard Taillebois Rapport de M. Édouard Taillebois… (1872)

J'arrivai le soir, à neuf heures, dans Corbeil, après des misères et des dangers sans nombre, eu dépit de mon laissez-passer. Corbeil n'est plus qu'une grande caserne allemande, où on ne peut ni se loger ni manger.
A mon arrivée, je courus voir M. Delaunay, qui me conduisit, à ma grande stupéfaction, chez le maire, M. Darblay, que plusieurs journaux-nous ont représenté comme un traître de la pire espèce, pactisant avec l'ennemi. Je me suis cru perdu, livré, et je m'apprêtais à vendre chèrement ma vie. Le maire, de son côté, n'avait pas meilleure opinion de moi.
Source : Gallica

Édouard Taillebois Rapport de M. Édouard Taillebois… (1872)

Tous les jours, vers deux heures, Guillaume et les princes allemands montent sur la terrasse d'une maison de campagne, située sur le point culminant des hauteurs de Sèvres, pour étudier avec des lorgnettes les progrès du bombardement de Paris et se récréer à cette vue. La maison qui leur sert d'observatoire est attenante à celle du maire de Sèvres ; en observant ce point du Mont-Valérien, on pourrait, un beau jour, faire une hécatombe de cette insolente canaille.
Je rentrai à Versailles et je suppliai de nouveau M. Rameau de m'aboucber avec le serrurier en question.
Source : Gallica

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