“ Laigle reprit:—Rien de plus simple. J'étais près de la chaire pour répondre et près de la porte pour m'enfuir. Le professeur me contemplait avec une certaine fixité. Brusquement, Blondeau, qui doit être le nez malin dont parle Boileau, saute à la lettre L. L, c'est ma lettre. Je suis de Meaux, et je m'appelle Lesgle.—L'Aigle! interrompit Marius, quel beau nom!—Monsieur, le Blondeau arrive à ce beau nom, et crie: Laigle! Je réponds: Présent! Alors Blondeau me regarde avec la douceur du tigre, sourit, et me dit: Si vous êtes Pontmercy, vous n'êtes pas Laigle. ”
Laigle
Définition et enjeux
Citations sur “Laigle”
Comtesse de Ségur,
Les Petites Filles modèles
(1857)
“ Le pays était charmant, la vallée de Laigle est connue par son aspect animé, vert et riant ; le village d’Aube est sur la grand-route ; la maison d’Hurel était presque à l’entrée du village. Ces dames se la firent indiquer ; elles descendirent de voiture et se dirigèrent vers la maison du boucher. Tout le village était aux portes ; on regardait avec surprise ces deux élégantes voitures, et l’on se demandait quelles pouvaient être ces belles dames et ces jolies demoiselles qui entraient chez Hurel. Le brave homme ne fut pas moins surpris ; ”
comtesse de Sophie Ségur, Les Mémoires d'un âne
“ Les hommes n'étant pas tenus de savoir tout ce que savent les ânes, vous ignorez sans doute, vous qui lisez ce livre, ce qui est connu de tous les ânes mes amis: c'est que tous les mardis il y a dans la ville de Laigle un marché où l'on vend des légumes, du beurre, des oeufs, du fromage, des fruits et autres choses excellentes. ”
Selma Lagerlöf,
Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
“ Un gamin, muni d’une longue gaule, s’efforçait d’empêcher les moutons de se débander. Un chien se démenait parmi les vaches, aboyant et jappant. Le fermier attelait un cheval à une charrette chargée de tinettes à beurre vides, de clayons à fromage, et de provisions. Tout le monde riait et fredonnait; les gens étaient aussi heureux que les bêtes.Enfin, on se mit en route pour la forêt. Une jeune fille, marchant en tête, lançait de temps en temps des appels sonores. Le bétail la suivait. Le berger et le chien couraient de tous côtés pour s’assurer qu’aucun animal ne restait en arrière. ”
Ésope,
Fables d’Ésope
(1913)
“ Tu vois cette laie perfide occupée tous les jours à creuser le sol : elle veut abattre le chêne, pour jeter notre progéniture à terre et tomber sur elle aisément." Quand elle voit l'aigle terrifiée et l'esprit dans le plus grand trouble, la chatte descend en rampant au gîte de la laie hérissée de soies : Un grand danger, lui ditelle, menace tes petits ; à peine seras-tu sortie pour aller paître avec ton tendre troupeau, que l'aigle, qui se tient prête, fondra sur tes marcassins. ”
Johann Rudolf Wyss,
Le Robinson suisse, journal d'un père de famille naufragé avec ses enfants…
(1878)
“ FRITZ. Je comprends fort bien, et j'espère réussir; mais, si je prenais du liège pour mes moules, les étuis seraient plus légers et plus commodes à porter. LE PÈRE. Sans aucun doute ; mais où prendrais-tu du liège, et comment le creuser? C'est un bois revêche, et qui résiste au couteau. FRITZ. Oh ! si vous vouliez me permettre de prendre un des corselets de liège dans lesquels nos brebis ont nagé, j'essayerais de le creuser avec du feu. LE PÈRE. A la bonne heure, mon fils, j'aime qu'on invente, qu'on cherche ce qu'il y a de mieux. ”
Victor de Laprade,
Les Symphonies
“ Vos pieds noirs et cambrés sont durs comme l’airain ; J’aime en un droit sillon leur pesanteur sacrée. La force m’apparaît, une force qui crée, Devant vos larges fronts à l’air morne et serein. Qu’un autre soit jaloux du coursier ou de l’aigle ! Je vois d’aussi près qu’eux l’inaccessible azur, Quand près de mes taureaux je marche d’un pied sûr, Entre le bois de hêtre et la moisson de seigle. ”
Leconte de Lisle,
Poèmes antiques
“ De son nid tout sanglant l’aigle se précipite ; Le lion étonné, battant ses flancs velus, S’élance du repaire en bonds irrésolus, Et les timides cerfs et les biches agiles, Les dryades perçant les écorces fragiles, Les satyres guetteurs des nymphes au sein nu ; Tous se sentent poussés par un souffle inconnu ; Et vers l’antre, où la lyre en chantant les rassemble, Des plaines et des monts ils accourent ensemble. ”
Eugène Alix, L'esprit de nos bêtes (1890)
“ Regardez : là, tout au bord du large fleuve, l'aigle, dans une attitude droite, est perché sur la dernière cime du plus haut des arbres ; son oeil, étincelant d'un feu sombre, domine sur la vaste étendue ; il écoute, et son oreille subtile est ouverte à chaque bruit lointain, et de temps à autre il jette un regard au-dessous, sur la terre, de peur que même le pas léger du faon ne lui échappe. ”
Virgile,
Œuvres de Virgile (coll. Panckoucke…
“ Tel un aigle, au plumage fauve, enlève, dans son vol à travers les airs, le serpent qu’il a saisi, l’enlace dans ses serres, et lui plonge ses griffes dans les flancs : le reptile blessé roule et déroule ses replis tortueux, hérisse ses écailles, et dresse, avec d’horribles sifflements, une tête menaçante : vains efforts ! le bec impitoyable achève de le déchirer, et l’aigle bat l’air de son aile victorieuse. ”
G. Morris, Soucoupes violentes (1980)
“ Un petit frisson que je connais bien s'enroulait autour de ma colonne vertébrale. — La panique des moutons ? — Oui, oh... Je commandai deux autres Gaston de Lagrange, dans des verres à dégustation. Je n'avais plus, moi-même, les yeux bien en face des trous, et l'élocution de mon vis-à-vis se faisait difficile. — Alors ? — Vous avez vu la bergerie... Elle était pleine, à l 'époque... mais une nuit, les moutons se sont affolés... Le bélier du troupeau a cassé la porte... une porte solide, pourtant, comme les murs... et les bêtes se sont répandues dans la montagne... ”
Eugène Bresson, L'Orléade, poème épique en XIV chants… (1838)
“ Hélas ! à quoi te sert cette ardeur indomptable, Noble et vaillant Anglais ! — D'une main redoutable, Lahire, droit au coeur, pousse comme un éclair Sa lance au dur acier, qui frémit dans la chair. Le page épouvanté fuit ce lieu de carnage, Et pousse dans les airs un cri rauque et sauvage, Cri pareil à celui que jette le huard, — 269 — Quand sur la sombre mer l'éclair brille au hasard. Lahire est tout couvert de sang et de poussière : Tel un jeune lion à la dent meurtrière, Abattant sous sa griffe un buffle gémissant, Montre au soleil sa gueule et son front teints de sang ”
Johann Rudolf Wyss,
Le Robinson suisse
(1860)
“ Un aigle ! répliqua Ernest, un aigle ! Crois-tu que tous les gros oiseaux sont des aigles ? Et puis, jamais les aigles ne font leur nid dans l'herbe. Il me semble plutôt que cet oiseau est une outarde, à en juger par les moustaches qu'il a près du bec. ”
Mme A. B. Lacerte,
L’homme de la maison grise
“ Le jeune homme flatta la tête du cheval et il se sentit prêt à pleurer... j’allais dire « lui aussi » ; c’est qu’il aimait beaucoup les animaux, les chiens et les chevaux surtout. Le sort qui était réservé aux malheureuses bêtes qui descendaient dans la mine lui paraissait si affreux ! Mais le char vide venait de remonter et l’autre cheval noir y avait été attaché... Quand le char remonta pour la troisième fois et que ce fut au tour du cheval gris de descendre dans la houillère, on eût dit qu’il comprenait ce qui l’attendait : il « tirait au renard » et refusait d’avancer, même d’un pas. ”
Alfred Didier, Les merveilles des champs (1895)
“ Le petit gibier de poil ne comprend, dans nos forêts et dans nos bois, que le lièvre et le lapin. Est-il nécessaire de dire que le lièvre appartient à l'ordre des rongeurs et qu'il est, avec le lapin, la grande ressource de nos chasseurs? J'aime mieux donner quelques détails sur les petits carnassiers, tels que la fouine, le putois, la belette, le hérisson, la musaraigne, la taupe, et sur les petits rongeurs tels que l'écureuil, le loir, le campagnol et le mulot. Toutes les espèces d'écureuils sont des animaux agiles et animés d'un instinct remarquable pour grimper. ”
André Laurie,
Un semestre en Suisse
(1905)
“ Cela tient, messieurs, à ce que le lapin est supérieur au lièvre en courage et en sagacité. Le langage populaire, qui contient tant de vérités observées, ne dit-il pas d'un lâche qu'il a un cœur de lièvre, d'un brave que c'est un lapin?. ”
Édouard Laboulaye,
Nouveaux contes bleus
“ Le berger commença à s'excuser sur ce qu'il ne pouvait laisser ses moutons sans gardien; mais le serpent lui dit:«Ne t'inquiète en rien de ton troupeau; il ne lui arrivera point de mal; va seulement aussi vite que tu pourras.» ”
Edouard Blanc,
Revue des Deux Mondes
“ Il y en a de toutes les tailles, depuis les émouchets gros comme des passereaux jusqu’aux aigles, dont certaines espèces sont énormes et ne peuvent être portées à la force du poignet, des derniers, chers à nourrir, sont généralement la propriété de grands personnages, qui s’en servent pourchasser le renard, le lièvre ou la gazelle, animaux rares et dont la capture constitue un sport élégant. ”
Louis Jousserandot, Le Capitaine Lacuzon, par Louis Jousserandot… (1845)
“ Cet aigle est son ami, son compagnon; je dirai même qu'il est sa seule société. Il habite une caverne à côté de la sienne; et, chaque jour , ils se rendent des visites de voisin à voisin. L'aigle partage souvent le repas du capitaine, et, comme pour payer son écot, il lui apporte parfois le produit de sa chasse. En un mot, c'est une intimité sans égale. Après tout, cet oiseau est vraiment digne de l'attachement dont il est l'objet. Voyez quelle noblesse, quelle majesté dans tous ses mouvements! Il est bien certainement le roi de la montagne. En effet, Clauda était dans le ravissement. ”
Louis Fréchette,
Les Fleurs boréales
“ L’aigle, ami des déserts, dédaigne ainsi la plaine. LAMARTINE. Quand l’aigle est fatigué de planer dans la nue, Retraversant l’espace en son vol triomphant, Il revient se poser sur la montagne nue, Qui tressaille d’orgueil en voyant son enfant ! ”
Georges Courteline,
Le 51e chasseurs
(1887)
“ Et il déposa le tout sur le bord du lit de camp. Laigrepin ouvrit sa gamelle d'où monta un nuage de buée. Une soupe l'emplissait jusqu'aux bords, une sorte de bouillon noirâtre où nageaient des copeaux de choux et des fragments de pommes de terre fondues. Le pauvre diable, qui avait laissé son couteau dans la poche de son n" 1, plongea le bout de ses doigts dans le liquide bouillant et en ramena précipitamment une masse graisseuse et flasque, d'un jaune d'or de beurre salé. ”
Paul Vibert,
Pour lire en automobile
“ Plutôt la mort que de la savoir dévorée par ces bêtes cruelles et puis tient l’aigle va passer sur le lac, pas de danger... Il vise d’un coup d’œil sûr, non pas de l’aigle, lui, mais d’un père au désespoir et la bête tomba la tête fracassée, avec l’enfant qu’elle lâcha, au beau milieu du lac. ”
Étienne de Lacépède, Le Buffon de Benjamin Rabier (1885)
“ Un bec en forme de cuiller large et plate détermine l'instinct d'un autre genre d'oiseaux, et les oblige à chercher et ramasser leur subsistance au fond des eaux, tandis qu'un bec en cône court et tronqué, en donnant à nos oiseaux gallinacés la facilité de ramasser les graines sur la terre, les disposait de loin à se rassembler autour de nous, et semblait les inviter à recevoir cette nourriture de notre main. ”
Fernand Lagrange,
Physiologie des exercices du corps…
(1890)
“ Les autres bêtes sauvages qui se nourrissent de végétaux ont une structure toute différente. Le lièvre, la perdrix, la caille, sauf les alertes que leur donne de temps en temps le chasseur, passent leur vie à becqueter, ou à brouter une nourriture abondante et toujours à leur portée; ils dorment tranquilles et agissent peu. Aussi leur chair est-elle grasse et tendre, leurs muscles mous et gorgés de sucs savoureux. — On mange le lièvre et la caille, leur chair se fond dans la bouche ”
Raoul-Charles Villetard de Laguérie, La Corée, indépendante, russe, ou japonaise
“ Et, sans s’arrêter aux colonnes de bois du préau couvert, aux portes d’appartements qui le flanquent immédiatement à droite et à gauche, l’œil, glissant sur les patins de boue insoucieusement laissés sur le sol de terre nue, cherche instinctivement le chien aboyant au bout de sa chaîne, des meules de paille, des fosses à purin, des tas de fumier, des charrues, rouleaux, herses ou gerbières, des têtes de chevaux ou de vaches aux portes coupées des écuries ou des étables, des vols tournoyants de pigeons, et des bandes de volailles picorant sous la vannette et la main balancée d’une servante. ”
Marie-Joseph Bidal, Les Vieux Chemins, par Marie-Joseph Bidal… (1900)
“ De temps en temps, un aigle effarouché bat de l'aile et s'envole, poussant de grands cris et prenant la lueur sanglante des torches pour le lever du soleil, ou des bêtes sauvages étonnées de ce jour inaccoutumé, s'élancent du taillis et fuient dans toutes les directions. ”
Théodore de Banville,
Le Parnasse contemporain/1869
“ Les lions agitaient leurs chevelures pâles ; Debout sur les rochers qui suivaient les détours Du fleuve plein d’un bruit sinistre, les vautours Et les aigles, ouvrant leurs ardentes prunelles, Se tournaient vers Orphée, ivres, battant des ailes, Palpitants sous le souffle immense de l’esprit, Et regardaient ses yeux pleins d’astres. Il reprit : Ô Dieux ! ”
Ernest Doudart de Lagrée,
Lettres d'un précurseur : Doudart de Lagrée au Cambodge…
(1885)
“ Tout pousse merveilleusement. En outre, comme on me demande des animaux et qu'en attendant les occasions il faut que j'entretienne ceux que je puis me procurer, j'ai un vrai jardin zoologique : des sangliers, des cerfs, des singes, des paons, des écureuils incroyables, des loutres, des cigognes de deux mètres de liant, etc. etc. Mon roitelet fait chercher pour moi des tigres et des rhinocéros ; mais, à ma grande joie, ils ne se présentent guère jusqu'à présent... Vous ai-je dit que, dans une de mes excursions, mes matelots ont tué un boa de plus de douze pieds de longueur ? ”
Étienne de Lacépède, Le Buffon de Benjamin Rabier (1885)
“ Il surpasse, par la longueur de son corps, et l'aigle et le lion, ces fiers rois de l'air et de la terre ; et si l'on excepte les très grands quadrupèdes, comme l'éléphant, l'hippopotame, etc., et quelques serpents démesurés, dans lesquels la nature paraît se complaire à prodiguer la matière, il serait le plus grand des animaux, si, dans le fond des mers dont il habite les bords, cette nature puissante n'avait placé d'immenses cétacés. ”
Amélie Fliche, Le pays des Magyars ouvrage : voyage en Hongrie (1893)
“ Moulins à vent qui tournent sans cesse, marais salés où la poule d'eau nous salue de son cri monotone, collines de sable que le vent n'élève que pour les détruire... Au ciel se montre un point noir : c'est un aigle qui plane, les ailes immobiles ”
Paul Lacroix,
Les émeraudes : littérature mêlée
(1867)
“ D'une autre porte, S'élance un tigre aux bonds insensés de fureur; A peine s'il a vu le lion, que d'horreur Il rugit; il bat l'air de sa queue ample et forte, Renâcle; puis, la langue et le mufle pendant, Rôde autour du lion et s'étale en grondant. ”
Thomas Mayne Reid,
Autour du bivouac
“ Il était toujours là en faction, tournant autour de l'arbre, se battant les flancs, renâclant et mugissant. Tandis que j'observais son manège, un objet, sur le sol, attira mon attention : c'était le licol laissé par mon cheval. Un de ses bouts était solidement noué au tronc, l'autre gisait non loin sur le gazon. Mon attention avait été attirée sur la corde par le taureau lui-même qui, l'ayant remarquée, la piétinait de temps à autre. ”
Jean-Baptiste Laglaize, Figurines dramatiques. J.-B. Laglaize… (1882)
“ Les vers de Larigot déclamés par ces tragédiens de la Cannebière, ne produisaient aucun effet : mais au troisième acte, dans le désert, lorsque le lion, la patte ensanglantée, fait son entrée en boitant et en poussant de plaintifs rugissements, la salle éclate en bravos. NINUS, en animal bien dressé, incline gravement la tête en s'avançant vers la rampe ; puis, en saluant profondément, recule jusqu'au fond, ni plus ni moins que s'il était un chanteur italien. Les applaudissements redoublent. « Bravo, se dit Larigot, ma tragédie porte et mon » lion fait un effet boeuf! Ma fortune est faite ! ”
Selma Lagerlöf,
Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
“ Voici l’histoire: une femelle d’écureuil avait été prise dans un taillis de coudriers sur les rives du Vombsjö; on l’avait portée dans une ferme voisine. Jeunes et vieux, tout le monde dans la ferme se réjouissait de regarder la petite bête, si jolie avec sa belle queue, ses yeux intelligents et curieux, et ses mignonnes petites pattes. On comptait se distraire tout l’été de ses mouvements agiles, de sa façon leste et rapide de décortiquer les noisettes et de ses jeux joyeux. ”
Jean Aicard,
Miette et Noré
(1880)
“ Et l'on rentra souper (sans soupe) , d'un lapin Sauvage et d'un perdreau, tués de ce matin, Car ces gens, bouchonniers par état, — c'est la mode De l'endroit, — et chasseurs par goût, trouvent commode, Chez eux, de travailler le liège, — et plusieurs fois Par jour, d'aller courir sous les lièges des bois ! ”
