Édouard Laboulaye

Édouard Laboulaye

Résumé

Portrait de Édouard Laboulaye Édouard Laboulaye Nouveaux contes bleus (1883)

Violette se jeta sur une natte qu'on lui avait donnée par pitié ; là elle se mit à fondre en larmes, se fermant la bouche avec les mains pour étouffer ses sanglots. Elle n'osait se plaindre, de crainte qu'on ne la chassât ; mais quand vint l'heure où les étoiles seules ont les yeux
ouverts, elle gratta doucement à la porte et chanta à demi-voix :
Perlino, m'entends-tu? C'est moi qui te délivre, Ouvre-moi!
Viens vite, je t'attends ; ami, je ne puis vivre Loin de toi.
Ouvre-moi ! mon cœur te désire ; Je brûle, j'ai froid, je soupire ; Tout le jour C'est d'amour, Et la nuit C'est d'ennui.
Source : Gallica

Portrait de Édouard Laboulaye Édouard Laboulaye Nouveaux contes bleus

On l'appelait Cecco; il était veuf, et n'avait qu'une fille qu'il aimait comme son oeil droit, Violette, c'était le nom de cette enfant chérie, était blanche comme du lait et rose comme la fraise. Elle avait de longs cheveux noirs, des yeux plus bleus que le ciel, une joue veloutée comme l'aile d'un papillon, et un grain de beauté juste au coin de la lèvre. Joignez à cela l'esprit du démon, la grâce d'une Madeleine, la taille de Vénus et des doigts de fée. Vous comprendrez qu'à la première vue, jeunes et vieux ne pouvaient se défendre de l'aimer.
Source : Gutenberg

Portrait de Édouard Laboulaye Édouard Laboulaye Nouveaux contes bleus

«Bois cela, mon enfant, dit-elle à Perlino, et donne-moi ton goût.»
Perlino, qui faisait tout ce qu'on lui disait, avala la liqueur d'un seul trait.
«Pouah! s'écria-t-il, ce breuvage est abominable, c'est une odeur de boue et de sang, c'est du poison.
—Niais! dit la marquise, c'est de l'or potable; qui en a bu une fois en boira toujours. Prends ce second verre, tu le trouveras meilleur que le premier.»
La dame avait raison; à peine l'enfant eut-il vidé la coupe, qu'il fut pris d'une soif ardente.
Source : Gutenberg

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