Résumé

Adr. Balbi Revue des Deux Mondes

C’est une grave erreur que de vouloir juger de l’intensité de la population de deux contrées d’une très-petite étendue, lorsque chacune d’elles renferme une cité grande et populeuse. Nous avons pensé que, pour comparer la population relative de Paris et de Londres [3] , ainsi que celle de plusieurs autres villes de l’Europe et de l’Amérique, il était nécessaire de les environner d’un territoire dont l’étendue fût proportionnée au nombre de leurs habitans.
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C’est à ces deux élémens que Venise dut sa grande prospérité et ses immenses richesses, ainsi que le Portugal, et après lui la Hollande et l’Angleterre. Mais il faut remarquer que Venise conserva longtemps sa prospérité, parce que cette république avait des maximes fixes et une forme de gouvernement propre à les maintenir, tandis que l’Espagne, le Portugal surtout, dont la fortune fut bien plus rapide et plus brillante, tombèrent presque aussitôt en décadence, faute d’un gouvernement constitué de manière à s’occuper sans relâche des moyens d’assurer la prospérité nationale.
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Les liberties (dépendances) d’un lieu, tantôt comptées dans sa population, tantôt exclues, sont une autre source principale de la grande différence qu’on remarque dans l’évaluation du nombre des habitans d’une même ville d’après le même recensement. Nous avons tâché de donner le plus grand soin à ce sujet, sans cependant oser nous flatter d’avoir évité toute méprise. Les meilleurs auteurs nationaux et étrangers ne suivent aucun principe fixe dans de semblables estimations.
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