Résumé

Portrait de Alain Alain Les Marchands de sommeil

Le vrai est, d’une chose particulière, à tel moment, l’universel de nul moment. À le chercher, on perd tout système, on devient homme ; on se garde à soi, on se tient libre, puissant, toujours prêt à saisir chaque chose comme elle est, à traiter chaque question comme si elle était seule, comme si elle était la première, comme si le monde était né d’hier. Boire le Léthé, pour revivre.
On vous dira : le réel est ce qu’il est ; vous n’y changerez rien ; le mieux est de l’accepter, sans tant de peine. Qu’est-ce à dire ? Vos rêves ne sont-ils pas le réel pour vous, au moment où vous rêvez ?
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Portrait de Alain Alain Les Marchands de sommeil

C’est prendre comme vrai, sans examen, tout murmure des sens, et tout le murmure du monde. Dormir, c’est accepter ; c’est vouloir bien que les choses soient absurdes, vouloir bien qu’elles naissent et meurent à tout moment ; c’est ne pas trouver étrange que les distances soient supprimées, que le lourd ne pèse plus, que le léger soit lourd, que le monde entier change soudain, comme, dans un décor de théâtre, soudain les forêts, les châteaux forts, les clochers, la montagne, tout s’incline comme au souffle du vent, avant de s’engloutir sous la scène.
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Portrait de Alain Alain Les Marchands de sommeil

À chaque instant, vous pouvez, ou bien dormir et rêver, ou bien veiller et comprendre : le monde admet l’un et l’autre. Et quand vos rêves seraient vrais, vous n’en dormiriez pas moins. Croire que le soleil tourne autour de la terre, ou croire au loup-garou, c’est rêve de rustre ; mais si vous croyez, vous, que la terre tourne, sans comprendre pourquoi vous le croyez, si vous répétez que le radium semble être une source inépuisable d’énergie, sans savoir seulement ce que c’est qu’énergie, ce n’est toujours là que dormir et rêver
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