Résumé

Portrait de Platon Platon Œuvres complètes

Le bon est-il aimé à cause du mauvais ? Si, par exemple, de nos trois genres, le bon, le mauvais et ce qui n’est ni mauvais ni bon, il n’en restait que deux, et que le troisième, le mal, vînt à disparaître et ne s’attaquât plus ni au corps, ni à l’âme, ni à aucune de ces choses que nous avons appelées ni bonnes ni mauvaises, n’est-il pas vrai que le bon ne nous servirait plus à rien, et nous deviendrait tout à fait inutile ? Rien ne nous étant plus nuisible, en effet, nous n’aurions plus besoin d’aucun secours du bon.
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Souvent, en outre, nous sommes les ennemis de gens qui ne nous sont pas ennemis, et même de nos amis, quand nous haïssons qui ne nous hait pas, ou même qui nous aime. — Cela est probable. — Comment conclure alors, si l’ami n’est ni celui qui aime, ni celui qui est aimé, ni l’homme qui tout ensemble aime et est aimé ? Y a-t-il entre les hommes d’autres rapports d’où l’amitié puisse sortir ? — Pour moi, Socrate, je n’en vois point du tout. — Peut-être, Ménexène, nous y sommes-nous mal pris en commençant notre recherche ?
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Restent donc ceux qui n’étant absolument exempts ni de mal, ni d’ignorance, ne sont pas cependant pervertis par eux au point de n’avoir pas la conscience de leur état, et restent encore capables de se rendre compte de ce qu’ils ne savent pas. Ceux-là, qui ne sont ni bons ni mauvais, aiment la sagesse, tandis que ceux qui sont ou tout à fait bons ou tout à fait mauvais ne la sauraient aimer. Nous avons, en effet, démontré tout à l’heure que le contraire n’est pas l’ami de son contraire, ni le semblable de son semblable, vous le rappelez-vous ?
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