Francis Bacon,
Essais de morale et de politiqueChapitre XXVII
“ Or, il n’est pas douteux que la lumière qu’on reçoit par le conseil d’un ami, ne soit plus sèche et plus pure que celle qu’on peut tirer de son propre entendement, et qui est toujours, en quelque manière, détrempée et teinte par nos passions et nos goûts habituels. En sorte qu’il n’y a pas moins de différence entre le conseil qu’on reçoit d’un ami et celui qu’on se donne à soi-même, qu’entre le conseil d’un ami et celui d’un flatteur ; car le plus grand de tous nos flatteurs, c’est notre amour-propre ; et le plus sûr remède contre cette flatterie, est la franchise et la liberté d’un ami. ”
