Alexandre Delcourt

Résumé

Alexandre Delcourt L'oenomanie, poëme philosophique… (1824)

MES bons amis, je suis toujours le même, Et c'est en vain que je voudrais changer.
Vive mon goût! il n'offre aucun danger; Boire et chanter est mon bonheur suprême.
Vous m'avez vu, dans tous les cabarets, Sur le bon vin fredonner des couplets ; Mes bons amis, toujours je les fréquente, Et c'est encor le bon vin que je chante.
NOTA. On aurait tort de chercher dans cet ouvrage des allusions à la politique ; les muscs ne connaissent qu'un parti : c'est celui du goût.
Source : Gallica

Alexandre Delcourt L'oenomanie, poëme philosophique… (1824)

QU'IL soit maudit partout, je voue à l'anathême Cet infâme imposteur, dont le cruel système Retranchant ce qui peut égayer un festin , Permit l'assassinat et défendit le vin !
Si tout un peuple, encor épris de sa doctrine, Avide de fureur, de meurtre et de rapine, Nous offre à chaque pas des chrétiens expirans, Des esclaves partout et partout des tyrans ; Si sa rage , toujours impuissante et féconde, Mine sans l'épuiser le plus beau sol du monde, C'est sur toi, malheureux , que pèsent ces horreurs.
Source : Gallica

Alexandre Delcourt L'oenomanie, poëme philosophique… (1824)

Le penchant le plus doux ne fut jamais un crime, Et boire est un plaisir qu'on obtient sans efforts, Qui n'entraîne après lui ni vide ni remords (i) .
A certaines vertus, dont les funestes charmes A tant de citoyens ont fait verser des larmes, Je préfère gaîment la modeste vertu De choisir avec art les vins du meilleur crû.
Grands dieux ! détournez-moi de l'amour de la gloire Et du chemin fatal qui mène à la victoire ; Cordons, lauriers, grandeurs, n'ont pour moi nul appas : La gloire est un tourment, le repos ne l'est pas.
Source : Gallica

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