Cyriel Buysse,
Les grenouilles
“ Il vit les gamins grêles et nus, l’eau remuée et la grenouille balancée ; il vit le coup de massacre et entendit les cris de joie barbare ; puis le spectacle s’effaça, se dissipa : les gamins sortaient de l’eau et se rhabillaient à la hâte ; les cris cessaient, chacun courait de son côté. Et, le barbier, immobile devant le pont ouvert, comme devant l’inconnu d’un rêve lugubre, les voyait, obscurs expiateurs de cruautés inconscientes, s’éloigner, courbés et tristes, entrer dans les étables noires, s’atteler à des brouettes, marcher derrière des charrues, bêcher et remuer la terre, harassés. ”
