Cyriel Buysse

Cyriel Buysse

Résumé

Portrait de Cyriel Buysse Cyriel Buysse,  Les grenouilles

“ Il vit les gamins grêles et nus, l’eau remuée et la grenouille balancée ; il vit le coup de massacre et entendit les cris de joie barbare ; puis le spectacle s’effaça, se dissipa : les gamins sortaient de l’eau et se rhabillaient à la hâte ; les cris cessaient, chacun courait de son côté. Et, le barbier, immobile devant le pont ouvert, comme devant l’inconnu d’un rêve lugubre, les voyait, obscurs expiateurs de cruautés inconscientes, s’éloigner, courbés et tristes, entrer dans les étables noires, s’atteler à des brouettes, marcher derrière des charrues, bêcher et remuer la terre, harassés. ”
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Portrait de Cyriel Buysse Cyriel Buysse,  Les grenouilles

“ Elle s’était précipitée droit vers le grand parc, d’où venaient les cris. Et là, au milieu de l’eau noire du fossé qui entoure la haie, elle avait vu, dans un bouillonnement, deux petits bras désespérément tendus, une petite face hagarde, qui remontait une dernière fois, méconnaissable, une petite bouche qui poussait un dernier hurlement, en crachant une eau glauque... Avec un cri sauvage elle s’était jetée dans le fossé, avec une force surnaturelle elle avait saisi son gamin et l’avait ramené vers le bord. ”
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Portrait de Cyriel Buysse Cyriel Buysse,  Les grenouilles

“ Et, toujours, la scène barbare du pont servait de cadre à l’idée ; toujours il voyait la grenouille balancée à un fil, sous la potence, le gamin nu frappant, les autres gamins grouillant et bataillant dans l’eau pour s’arracher la bête pantelante. Et, toujours aussi, monotone et obsédante comme un refrain, revenait l’idée du danger que couraient ces grêles enfants, dans cette eau pour eux trop large et trop profonde. ”
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