Résumé

Portrait de Julie Lavergne Julie Lavergne Une nuit pendant la Fronde, par Mme J. O. Lavergne (1876)

« C'est donc bien décidé, Suzon, » dit Nicole d'un air chagrin : « tu vas faire cette sottise, épouser un gars aussi jeune et aussi pauvre que toi. Tu ferais bien mieux d'apporter ici ton petit ménage et d'y amener ta mère. Ta mère m'aiderait, tu ferais tes dentelles près de moi. Monsieur le curé vous voit avec plaisir, et il sait bien que j'ai besoin d'aide. Tu vivrais ici sans souci, et, foi de chrétienne, je te laisserais tout mon bien. J'en ai plus que tu ne crois, Suzon. Au lieu de cela, si tu épouses Lubin, tu vas te mettre dans la misère. »
Source : Gallica

Portrait de Julie Lavergne Julie Lavergne Une nuit pendant la Fronde, par Mme J. O. Lavergne (1876)

« Qui vive ? » dit Landry en armant son pistolet.
« Ami, ami ! » dit le cavalier d'une voix étranglée par la peur.
« Ami de qui? morbleu! » reprit Landry.
« Ami de tout le monde, capitaine, » dit le pauvre garçon.« Je ne suis qu'un laquais; je vais au petit Appeville faire une commission. »
« Quelle commission ? réponds, ou tu es mort ! »
« Je vais chercher le charron pour réparer le carrosse de madame la duchesse. »
« Quelle duchesse ? »
« Madame de Longueville, Monsieur, son carrosse s'est rompu il y a deux heures sur le pont de Pourville. »
« Tu mens ! » s'écria Landry.
Source : Gallica

Portrait de Julie Lavergne Julie Lavergne Une nuit pendant la Fronde, par Mme J. O. Lavergne (1876)

Suzon s'avança bravement sur ce pont dangereux, y jeta l'eau bénite, et posa sa lanterne sur le reste du parapet, à deux pas du trou béant. Elle allait retourner à la cure lorsqu'une voix bien connue prononça son nom à quelques pas d'elle, et qu'un jeune homme, vêtu d'une vareuse bleue et coiffé d'un bonnet de laine, parut sur le pont, du côté de Dieppe.
« Lubin ! » s'écria-t-elle. « Et quel vent vous amène si tard à Pourville ? Est-ce que ma mère est malade ? »
Source : Gallica

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