Julie Lavergne,
Les neiges d'antan : légendes et chroniques…
(1877-1878)
“ Mahaut, dis, est-il bien mon frère ? est-il bien l'enfant que nous avons sauvé ? » Mahaut se mit à pleurer. « Ne vous courroucez point, Mademoiselle, » dit-elle, « vous le savez comme moi, Raoul est bien votre frère ; il est mauvaise tête, contrariant, mais c'est un enfant. » « Un enfant ! » dit Catherine, « un enfant pour sa nourrice, mais il a bientôt vingt ans ! » « C'est bien vrai, » dit Mahaut, « mais il faut être indulgente avec la jeunesse, Mademoiselle. Ce vin de Malvoisie qu'il n'avait jamais goûté. Ce beau souper. Je crois qu'il était un peu ivre. » ”
