Léo Larguier

Léo Larguier

La poupée (1925)

Résumé

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier La poupée (1925)

Les hommes seuls manquent généralement de tenue, et il ne faut pas croire qu'on a meilleur appétit et qu'on est plus à l'aise en manches de chemise et en pantoufles.
C'est comme si l'on affirmait que le café bu dans une épaisse tasse de faïence est plus savoureux que dans la fine et immatérielle coquille d'œuf d'une porcelaine chinoise.
Un vrai repas, bien ordonné, est la plus aimable des choses. C'est un luxe de civilisés qu'il faut entourer de toutes les délicatesses.
Source : Gallica

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier La poupée

S’il a l’impression de manger le poisson sur un évier, et le rôti sec et la salade assaisonnée avec trop de sel et trop de vinaigre, il ne peut réussir ce qu’il entreprendra le lendemain, et la nuit qui suit un dîner sans harmonie ne peut pas être heureuse.
Mais aucun des soucis que nous traînons avec nous ne résistera à l’onction d’un bon potage, au morceau de bœuf dont le sang gicle sous le couteau, au velours d’une crême simple et parfaite.
Source : Gutenberg

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier La poupée

Une chandelle éclaire sa mansarde chaude dont la croisée donne sur un bassin plein de navires. Le matelot à peu près ivre qu’elle a ramené ne saurait y reconnaître le sien. Il est allongé sur le grabat et il regarde cette femme qu’il ne connaît pas. Elle a dans son chignon massif un œillet qu’a flétri le parfum trop fort de ses cheveux gras. Elle marche vers la couche, nue, robuste, et son corps splendide et dur qu’a glacé la sueur montre, dans l’ombre où clignote la bougie, des seins flétris, et son amour ressemble à une brutale rixe...
Source : Gutenberg

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