Léo Larguier

Léo Larguier

Résumé

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier,  L'abdication de Ris-Orangis (1918)

“ Thérésou, sa nièce, était comme aujourd'hui brune, ambrée et mince et elle ressemblait à une de ces bohémiennes qui campent devant les remparts d'Aigues-Morte ou sous une arche du Pont du Gard.
Elle n'avait pas d'autres parents que Mabraille, et sa vertu était, paraît-il, assez endommagée. Lorsqu'elle revint, je lui offris une tasse de chocolat à la terrasse d'un café voisin, puis j'allumai un cigare et je m'assis à côté d'elle, sur le siège.
Le soleil était déjà chaud et les chevaux allaient presque au pas entre les grands platanes de la route blanche et dure comme du marbre.
”
Source : Gallica

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier,  L'abdication de Ris-Orangis (1918)

“ Jamais je n'oublierai ce dîner !
La table fut dressée devant le fourneau bourré de charbon si rare ; la nappe n'était qu'une vaste dentelle sur un transparent de soie jaune ; le cristal des verres et l'argent des couverts, le blanc luisant des assiettes et la pourpre ardente des vins formaient une symphonie admirable.
Sur l'étiquette d'une bouteille en train
de chambrer, on lisait le nom d'une petite gare bourguignonne, et Palmyre, la cuisinière, ressemblait à une de ces femmes de Paul Rubens devant lesquelles j'avais traîné, au Louvre, tant d'Anglais et de Péruviens de passage.
”
Source : Gallica

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier,  L'abdication de Ris-Orangis (1918)

“ La Païva, Cora Pearl ou Anna Deslions conduisaient elles-mêmes des pur sang de mylord qui enlevaient un cabriolet plein de camélias, et l'on dansait le cancan à la Grande Chaumière et à la Closerie des genêts... Voilà l'époque dont j'ai toujours rêvé...
Je racontai à Prosper mon dîner de la veille, en arrosant d'un pot de stout un véritable rosbif glacé.
Je ne déteste pas en passant les solides et honnêtes viandes anglaises, mais la vraie cuisine, l'alchimie magique, c'est la sauce réussie d'un plat français.
Prosper avait, pendant mon récit, un
sourire supérieur et sans bienveillance.
”
Source : Gallica

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