Résumé

Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais Revue musicale. — Rêve d’amour…

S’agit-il maintenant de restaurer un art qui n’a pas sa raison d’être ? car remarquez que ce n’est plus là l’opéra-comique d’Hérold, l’opéra-comique des grands jours de M. Auber écrivant Fra Diavolo, Haydée ou le Philtre, mais quelque chose d’effacé, je ne sais quel fade et précieux ressouvenir du bon vieux temps. Le Rêve d’amour nous offre à travers les âges comme un écho madrigalesque de la première manière du maître. On dirait que M. Auber aime à se retrouver ce qu’il était au début, lors de la Bergère châtelaine et d’Emma.
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La musique est désormais émancipée ; si restreint que soit le cadre, elle y prétend marcher dans son indépendance, et même à l’Opéra-Comique il lui faut du sentiment et de la passion. De son côté, M. Auber n’en saurait démordre, et tient à rester l’homme du XVIIIe siècle qu’il est, qu’il sera jusqu’à la fin ; de là certaines dissonances moins insupportables assurément que celles de M. Richard Wagner, mais qu’il eût mieux valu, après le Premier jour de bonheur, ne point vouloir renouveler, car on ne doit jamais abuser des dissonances, pas plus en regard du passé qu’au nom de l’avenir.
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Tout ce gentil monde féminin glisse, court, s’esquive, s’attrape, les mains frappent dans les mains, les yeux brillent, les cœurs battent haletans, et la musique, toujours étincelante, pittoresque, suit le jeu, rend l’espièglerie dans ses moindres détails. Frivolité, ton nom est Auber, je l’accorde
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