Fédor Dostoïevski

Fédor Dostoïevski

Résumé

Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Le Bouffon

Vous comprenez, Messieurs : la veille, j’étais rentré dans leur cœur, et, à cause de cela, je voulais donner libre cours à ce que je regardais comme une plaisanterie familière, je voulais me moquer du cœur paternel de Théodose...
Aussitôt qu’il eut pris connaissance du papier que je lui tendais, sa figure changea. « Qu’est-ce donc, Osip Mihaïlovitch ? » demanda-t-il. Et moi, comme un imbécile : « Poisson d’avril ! Théodose Nikolaievitch. »
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Le Bouffon

Vous vous rappelez sans doute que Théodose Nikolaievitch m’avait entraîné au salon et que j’étais plus mort que vif. Toute la famille vint à ma rencontre avec des airs sinon fâchés, tout au moins pleins de tristesse... Tous paraissent abattus, et pourtant la gravité se peint sur leurs figures. Quelque chose de paternel : on dirait le retour de l’enfant prodigue. On me fait asseoir à la table de thé, et moi, Messieurs, j’avais en moi comme le bouillonnement d’un samovar, cependant que mes pieds étaient glacés... Je me sens tout petit, tout malheureux...
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Portrait de Fédor Dostoïevski Fédor Dostoïevski Le Bouffon

J’entrai donc dans la maison de Théodose Nikolaievitch. Celui-ci était pour moi un collègue, plus encore : un chef. On m’annonça et on m’introduisit dans son cabinet que je vois encore. Il faisait sombre et on n’apportait point de bougie. Je regarde, et voilà que Théodose Nikolaievitch entre dans la pièce. Tous deux, nous restons dans les ténèbres. Alors, Messieurs, il advint entre nous une chose étrange. C’est-à-dire... non... il n’y avait là rien d’étrange ; c’est simplement comme tout ce qui arrive dans la vie.
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