Résumé

Portrait de Hector Malot Hector Malot Un monsieur qui se fait suer

J’ai un cheval, n’est-ce pas ; je sais que, sans être du premier ordre, il est assez bon ; je le fais courir deux ou trois fois au printemps en recommandant au jockey de l’arrêter, ou bien je le montre dans un mauvais état de préparation : c’est ce qu’on appelle « courir pour se retirer du poids. » D’après ces épreuves, mon cheval, pour ceux qui ne sont pas dans le secret, est un mauvais cheval, et quand je l’engage dans les handicaps d’été ou de printemps, on lui donne un poids très-léger.
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Je puis vous demander cela à vous, mon cher monsieur du Vallon, qui, par les Cho’Pard, tenez à la meilleure noblesse d’Irlande. Il y a quelques années les nobles exercices du sport étaient le déduit exclusif de quelques privilégiés, de quelques natures d’élite qui par ce goût exquis s’élevaient au-dessus du vulgaire ; aujourd’hui voilà les gens de commerce, les gens d’affaires qui s’en mêlent, c’est une honte.
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Seulement, si toutes les courses se faisaient ainsi, deux ou trois journées suffiraient par an ; le choix serait bien vite fait entre les bons et les mauvais ; alors, que deviendrait le spectacle, que deviendrait surtout la spéculation ? C’est pour donner satisfaction à ces deux besoins qu’on a inventé les handicaps qui ont pour but d’égaliser par le poids les chances de tous les chevaux partants dans une course : les bons sont surchargés, les mauvais sont déchargés.
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