Résumé

Henry Daussy L'entrée des Prussiens à Amiens… (1883)

Ils s'avançaient lentement à travers ce peuple hostile, marchant de front au milieu de la chaussée, la pipe aux dents, l'œil au guet, le doigt sur la gâchette, prêts à faire feu à la moindre agression. Le flot populaire s'ouvrait pour leur livrer passage et aussitôt se refermait sur eux. C'étaient des éclaireurs envoyés à la découverte avec mission d'apprendre, au péril de leur vie, si, en entrant dans Amiens, il y avait des coups de fusil à recevoir. Sur leurs physionomies vulgaires on lisait le sentiment très naturel d'une
effroyable peur écrit en visibles caractères.
Source : Gallica

Henry Daussy L'entrée des Prussiens à Amiens… (1883)

Il fallait laisser à chacun son rôle, aux Prussiens celui de vainqueurs qui, à lasuite de la bataille, prennent possession de la ville conquise, à nous celui de vaincus qui subissent le destin de la guerre mais qui n'ont jamais pactisé avec l'ennemi de leur patrie.
Starklofî dut se dire que nous donner l'apparence de gens qui introduisent l'ennemi dans les murs de leur ville, c'était peut-être surexciter l'émotion populaire, donner un aliment à l'accusation de trahison et augmenter ainsi la chance des coups
de fusil.
Source : Gallica

Henry Daussy L'entrée des Prussiens à Amiens… (1883)

Elle accusait ses représentants, son Maire. Le retard que les Prussiens mettaient à entrer, et qui la laissait pendant des heures en proie à l'irritation et au désœuvrement de l'attente, était attribué par elle aux négociations du hideux marché.
Aujourd'hui, à Amiens, tout cela paraît absurde. Mais quand la passion populaire est déchaînée, rien n'arrête les imaginations en délire; l'absurdité n'est pas une barrière.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature