Résumé

Jules Violle Une Expédition au Mont-Blanc

Le coucher du soleil dans les montagnes est toujours un phénomène grandiose. Aux Grands-Mulets, sur cette pointe rocheuse perdue parmi les neiges, l’effet devient saisissant. L’œil suit les dégradations successives de la lumière sur chacun des pics qui se dressent devant lui, jusqu’à ce qu’ils s’éteignent dans la nuit qui les gagne tous l’un après l’autre ; l’ombre monte le long du géant des Alpes, le sommet du Mont-Blanc pâlit à son tour ; la neige, tout à l’heure encore dorée des feux du soleil, revêt une teinte livide, cadavéreuse : la mort a remplacé la vie.
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Jules Violle Une Expédition au Mont-Blanc

À partir de ce point, on s’engage sur la glace, que l’on ne doit plus quitter désormais, si ce n’est un instant, au refuge des Grands-Mulets.
La traversée du glacier des Bossons prend environ deux heures ; mais les heures passent comme des minutes, tant le spectacle qui se déroule aux regards offre de grandeur et de variété. Ces merveilles de la nature produisent toujours sur l’âme une vive impression. Les données de la science sont loin de refroidir en nous le sentiment poétique ; au contraire l’émotion devient d’autant plus profonde que l’instinct n’est plus seul éveillé.
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Jules Violle Une Expédition au Mont-Blanc

C’est un spectacle étrange que celui d’hommes s’avançant ainsi dans l’ombre à travers les neiges, liés les uns aux autres par la corde qui constitue leur unique sauvegarde, tout en établissant entre eux une terrible solidarité. Au loin apparaissent, comme des feux follets glissant sur la neige, les lanternes de deux caravanes parties avant nous des Grands-Mulets, l’une à minuit, l’autre à minuit et demi.
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