Edmond Picard

Résumé

Edmond Picard Monseigneur le Mont-Blanc (1900)

Qui peut dormir sur un glacier au clair de lune, ou près du feu d'un campement parmi les monts déserts ; qui peut écouter la musique du vent contre les rocs, ou l'eau tombant loin dans les profondeurs ; qui peut traverser les vastes solitudes blanches dans le temps nocturne sous les étoiles silencieuses ; qui peut guetter le lever de l'aurore à l'orient, ou les grands pics inondés de carmin au coucher du soleil, sans des pensées qu'il semble tout à fait sacrilège de mettre en paroles, sans des souvenirs qui ne peuvent jamais être effacés, car ils coulent au fond de l'âme !
Source : Gallica

Edmond Picard Monseigneur le Mont-Blanc (1900)

Le chemin devient sentier et, plus raide, s'accroche à des parois plus raides, en abîmes, qu'il surplombe dangereusement, sans parapet. Par chance, mes velléités de vertige du Mont-Lachat ne recommencent pas et tout va bien malgré ce que l'ascension a pour moi d'excentrique. Je voisine avec un énorme « couloir » de neige sur lequel la chaleur fondante du soleil de
midi fait crouler, en décharges répétées partant d'un point invisible de l'Aiguille du Goûter, en coups de mitraille, des volées de pierres.
Source : Gallica

Edmond Picard Monseigneur le Mont-Blanc (1900)

C'est une large et haute paroi, au faîte cintré, que vertèbre plusieurs longues saillies rocheuses, la jaspant de haut en bas, séparées par des couloirs de neige s'achevant en un glacier secondaire. Elle m'inquiète bien un peu par sa raideur qui me paraît faire à l'escalade « de fortes objections », comme eut dit Rabelais. Et, quand des nuages la cravatent, ne laissant plus visible que sa
tête s'élançant hardie vers le ciel, tandis que sa base est noyée dans une mer de brumes, elle devient d'une inquiétante hauteur pour l'alpiniste en chambre que je suis.
Source : Gallica

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