“ Partir! ce sont les crevasses béantes, l'itinéraire perdu, mais c'est aussi plus bas, la vie. Partons la chercher à travers le labyrinthe de glace.La porte du refuge est fermée, quelques pas nous en séparent à peine, et déjà il a disparu, déjà nous ne pourrions plus le retrouver.A quel gouffre descendons-nous? Quelle crevasse nous guette? Peut-être avons-nous abandonné la route. C'est à peine si j'entrevois mon camarade dans la nuit blanche. Nous marchons des heures, et c'est toujours la même blancheur, le même froid; toujours la neige: qu'elle soit maudite! ”
Roger Tissot
Résumé
« Au Mont-Blanc » de Roger Tissot est un récit immersif qui explore les labyrinthes glaciaires et les défis de l'alpinisme dans le massif du Mont-Blanc. À travers des descriptions poétiques des sommets, des crevasses et des itinéraires en ski, l'auteur célèbre la beauté et la violence de la nature alpine, tout en évoquant la persévérance humaine face à la tempête.
Les thèmes de l'ascension, de la neige et des paysages en perpétuel changement traversent ce texte, qui mêle réflexion philosophique et témoignage de l'expérience en montagne. Publié dans un contexte où l'exploration des Alpes suscite à la fois fascination et risque, l'œuvre reste un hommage vibrant à la grandeur des cimes.
Citations de Au Mont-Blanc (Roger Tissot)
“ Enfin, et par dessus tout, ce sont les promenades à ski dans la splendeur des vastes champs de neige du côté du col de la Voza, ou du col de Balme; au glacier d'Argentière, à celui des Bossons, à celui du Géant. C'est aussi la course classique du tour du Mont-Blanc par le Col et la Croix du Bonhomme.Chaque jour apporte au skieur des plaisirs nouveaux. Dès qu'il entend dans la rue, le gel de la nuit craquer sous le pas des laitiers matineux, il se hâte de quitter Chamonix encore endormi sous la brume. Dans le calme du matin glacé, il s'élève sur les flancs des montagnes. ”
“ La gloire du Montenvers est sans contredit l'Aiguille du Dru, magnifique obélisque qui sur la rive opposée dresse ses pics vertigineux à 2000 mètres au-dessus du glacier. Étrange par la pureté de ses lignes, elle surprend également par la couleur changeante de ses roches; son nom «semble celui d'un nain difforme et méchant». Il n'est jusqu'au nom du glacier, qui dort à ses pieds, qui n'étonne à son tour par sa bizarre consonance: La Charpoua; c'est là que l'on va passer la nuit avant l'escalade du Dru.La Mer de glace, le Montenvers et les Aiguilles de Chamonix, vus depuis le chapeau. ”
