Résumé

La Démocratie (1867)

De brodequins charmants composent sa chaussure, C'est d'un goût merveilleux; la femme est un bazar, Des modes vanité un aimable César, Mais un César frondeur qui, de sa crinoline, Couvre le monde entier, l'asservit et le ruine.
L'égalité pour elle est le luxe à l'excès; De femme riche et pauvre, épidémique accès D'un mal contagieux. Arrête ici, ma plume, A ce fléau du temps je préfère mon rhume.
Un luxe encore ruineux qu'étale l'indigent, Est le friand des mets; sa vaisselle d'argent,
Ce pompeux des repas dont se sert l'homme riche, Sans l'ostentation que le vilain affiche.
Source : Gallica

La Démocratie (1867)

Les arts humains sont beaux ! mais peu sûre est la route Qu'on prend pour arriver. Plus solide est la voûte Qui domine l'espace, où les corps lumineux Eclairent nuit et jour et la terre et les cieux !
Dieu, ce premier ouvrier, a déjà dit au monde : Avec Rome et la foi tout prospère et abonde, C'est sur ces deux pivots que cent peuples divers Reposent, des grands rois, et l'âme de mes vers.
Démocratie instinct, esprit de nos vieux pères, Fut la douceur des mœurs, le poli des manières, Le tendre gracieux, cette bonté du cœur, Qui toujours d'anciens temps auront l'attrait vainqueur.
Source : Gallica

La Démocratie (1867)

Le tendre et le mielleux ne sont plus l'apanage Du peuple français, fier des vertus du jeune âge; A disparu ce lustre avant l'heure des temps, Les hivers ont chassé les radieux printemps.
Nous naissons tous égaux, c'est l'état de nature; Au physique, au moral, l'homme grandit, s'épure, Quand l'esprit social, esprit d'ordre et d'amour, Remplace le cahos par l'éclat d'un beau jour.
Ce n'est pas le sauvage et sa sombre tactique, Ce grand progrès des sots, progrès démocratique, Mais l'attrait gracieux de la bonté des mœurs, Ce beau qui nous enchante et captive nos cœurs.
Source : Gallica

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