Résumé

Le soutien de la république française… (1887)

Le pur droit, séparé du devoir, serait l'égoïsme pur, et, par conséquent, selon le vieil axiome, la suprême injustice.
Qu'est-ce, en effet, que l'injustice, sinon la préférence absolue de soi aux autres, ou le sacrifice des autres à soi? Commettre un meurtre, un vol, un délit quelconque, ce n'est que cela, c'est sacrifier autrui à sa passion, à sa convoitise, à son intérêt exclusivement individuel.
Le devoir, au contraire, porte chacun au dehors de soi, car il a pour but la conservation, le bien de tous. Accomplir un devoir, c'est faire quelque chose d'utile à autrui.
Source : Gallica

Le soutien de la république française… (1887)

Si le Créateur, en douant l'homme d'intelligence, a fait de lui le roi de la nature, il n'a pas voulu qu'il en fût le tyran. Son oeil, à qui rien n'échappe, a aussi un regard de père pour le pauvre passereau qui palpite sous votre main. Nulle société possible sans le devoir, car sans lui nul lien entre les hommes. Il comprend, comme vous l'avez vu, la justice et la charité. Ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas que autrui nous fit, voilà la justice; faire pour autrui, en toute rencontre, ce que nous voudrions qu'il fit.
Source : Gallica

Le soutien de la république française… (1887)

Patriciat, noblesse, royauté, toute prérogative, en un mot, qui prétend ne relever que de soi, c'est de la comédie; c'est se soustraire à la souveraineté et à la volonté du peuple, et c'est un attentat contre la société, une usurpation révolutionnaire, un germe de tyrannie. Le peuple ne fait point de classes distinctes, il ne crée point de privilèges, il délègue des fonctions, il confie tel soin à celui-ci, tel autre soin à celui-là ; il les charge d'exécuter ses décisions, qu'il a réglées pour le bien commun, selon les formes établies par lui et qu'il peut toujours modifier ou changer.
Source : Gallica

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